CAP RANDO VELO

05 septembre 2017

UTMB 2017... Finisher !!!

Nous y voilà donc… 4 ans que, quelque part, j’attends ce moment, depuis que j’ai découvert la discipline et les superbes images de cette balade autour du caillou…1

Tout n’a pas été facile cette année… douleur au genou latente, grosse activité pro avec travail en décalé les 2 semaines avant la course, pas évident pour bien récupérer…du coup, j’ai l’impression de ne pas avoir fait une préparation tip top, malgré 2 gros week-end sur place en Juillet… 2017 est d’ailleurs ma plus petite année (en volume global,  Vélo + Cap) depuis 2014… Mais bon, c’est autant de la tête que dans les jambes que cela se jouera… et comme je suis prêt à en découdre, je ne stresse pas trop à l’approche du 1er septembre…

Nous arrivons sur place le Mercredi avec Papa et Maman Louisette… Sandrine nous rejoindra en cours de course, rentrée scolaire oblige… Nous logeons aux Contamines, à, quelques centaines de mètres du 1er poste d’assistance… cela permettra à la Team de rentrer dormir la 1ère nuit, toujours ça de pris…

Il fait encore beau mais les prévisions commencent à être vraiment mauvaise pour la suite… Wait and see.. Prévision confirmées le lendemain quand nous descendons à Chamonix récupérer le dossard… il flotte… les derniers arrivants de la TDS sont trempés jusqu’aux os… L’OCC, elle, va se couvrir entièrement sous la pluie… Nous ne traînons pas trop en ville du coup, pas la peine d’attraper froid à 24h du départ

Tient en parlant de froid… je reçois en début d’AM un texto de l’organisation qui nous annonce une très forte chute des température à partir de Vendredi soir et que la décision du maintien du parcours original sera prise le lendemain 7h… Merde…

Retour au chalet et préparation du matos… Mes affaires de course d’abord avec l’agencement du sac (au fond ce qui ne servira pas… ou peu… ou tard, à portée de main ce qui sera utilisé rapidement (frontale, veste de pluie…)2

Puis, c’est la préparation des sacs d’assistance… J’ai prévu 3 gros sac avec tout ce qu’il faut pour me changer et soigner les éventuels petits bobo pour les poste des Contamines, de Courmayeur et de Champex… des plus petit pour Trient et Vallorcine…  Mes parents assureront le 1er poste aux Contamines puis Sandrine les rejoindra à partir de Courmayeur…

Un plat de patte plus tard, je me couche une dernière fois dans un vrai lit avant dimanche soir 

Vendredi, je me réveille à 08h… je regarde mon tel, pas de message de l’organisation… ils réfléchissent encore… est-ce bon signe ou pas… je n’ai qu’une hantise, qu’ils nous « empêchent » de passer de l’autre côté… mais je mets à leur place… ils s’apprêtent à lancer 2400 bonhommes à plus de 2500m d’altitude et des températures ressentie annoncées de -9°C…

Du coup, comme j’avais tout préparé hier, je passe la journée… à tourner en rond et à tenter de me repose… vers 13h de mémoire, j’apprends sur Facebook que le parcours est maintenu, à l’exception des passages aux Pyramides Calcaire et à la Tête au Vent.. cela va nous enlever 3-4km et 300-400m de D+ au max… Ouf…

Nous partons pour Chamonix pas trop tard, histoire de trouver une bonne place pour se garer et permettre à Papa et Maman de rentrer rapidement aux Contamines…

Je me prépare cool… crème anti-frottement un peu partout, baume du tigre sur mon genou, bandage préventif sur les pieds, remplissage des gourdes… tient, y’en a une qui fuit… Direction Ravanel Sport pour en racheter une, à 1h du départ…

On se rapproche ensuite de la place du Triangle de l’Amitié… A 45’ du départ, mes parents partent de leur côté pour me laisser me concentrer… pas besoin de parler beaucoup dans ces moments là… les regards suffisent… A tout à l’heure…

Il fait encore bon et je profite vraiment du moment… et puis, la musique et la voix de Ludovic «The Voice » Collet nous font comprendre que ça approche… Je fais le vide, me recentre sur moi-même encore plus que d’habitude… C’est ton moment, ton rêve, alors vis-le mon gars !!! Putain, je vais prendre le départ de l’UTMB…

18h30, c’est parti pour une grand et beau voyage, porté par la musique de Vangelis et par une foule énorme autour des barrières... C’est absolument magique, tout le monde crie, tape des mains, tape dans nos mains, nous encourage…

Je quitte la ville pour un large sentier en balcon au-dessus de l’Arve… Les François, Kiki, Xavier et autres costaud sont sûrement loin déjà.. Les 8 premiers km m’emmènent facilement aux Houches… je saute le point d’eau et attaque la montée au Délevret par le Col de Voza… je sors les bâtons et rentre dans la gérance…  la montée n’est pas dure mais ne pas s’enflammer… il reste juste un peu plus de 150km de course 

Au sommet, la nuit … et le brouillard tombent… vous y rajouter une frontale et mes lunettes et je n’y vois rien… arrive la 1ère descente…facile, j’essaie de prendre un rythme en faisant attention à ne pas taper dans les cuisses (je sais que cela va être mon point faible, je ne suis pas descendeur et je n’ai pas la musculature adaptée)…

J’atteins St Gervais à 21h37, déjà plus de 3h de course… tout va bien… je fais le plein d’eau rapidement au ravitaillement, j’attrape 2-3 bricoles à manger et je repars… Oui parce que je vous ai pas dis, j’ai élaboré une "taquetique"… sans me mettre dans le rouge, je souhaite ne pas trainer sur la 1ère partie de la course pour avoir un maximum d’avance sur la barrière horaire à Courmayer et y faire une « grande pause »… ensuite, cela sera advienne que pourra… Je repars donc de St-Gervais avec un formage et saucissons dans les mains…

Direction les Contamines avec presque 500m de D+ en 10 km, rien de bien difficile… pas de douleur au genou (c’est psychosomatique ça, j’en suis sûr), ni ailleurs d’ailleurs…

A 2 km des Contamines, je préviens Papa que je suis bientôt là… je n’ai pas trop de mal à le repérer et surtout je trouve une place assez vite… il est 23h30 environ…  Je me change et me prépare à passer la 1ère nuit dehors.. .pour l’instant, je n’ai pas l’impression qu’il fait froid mais les températures vont chuter et nous allons grimper à 2 reprise au dessus de 2400m d’ici le levée du jour, donc je m’équipe... je n’ai pas enfilé la veste mais elle est à portée de main… je mange vite fait mais bien fait avant de repartir… sans oublier d’aller faire un bisous à Maman.. Elle me dit que Sandrine est presque arrivée aux Chapieux… Allez, à demain à Courmayeur !!

L’ambiance est super sympa entre les Contamines et Notre-Dame de la Gorge… C’est cool… mais passé cette magnifique chapelle, les choses sérieuses commencent… direction de Col du Bonhomme… Le départ est pentu mais ça se calme assez vite jusqu’à La Balme… Là, je bois ma première soupe … et j’enfile ma veste car ça commence à cailler… La 2nde partie de l’ascension est plus raide et le brouillard nous rend de nouveau visite sur le haut… Je connais un petit peu le secteur, je ne suis donc pas surpris que cela continue à grimper après le passage au Col… En revanche, on n’y voit pas grand-chose dans un savant mélange de neige, vent et brouillard… Arrivé au refuge de la Croix du Bonhomme, à 3h du matin, je préviens Sandrine qu’il me reste 5km de descente pour rejoindre les Chapieux… mon texto n’arrivera jamais… J’avais reconnu cette descente mi-juillet… il ne faisait (déjà) pas beau mais il faisait jour… alors là de nuit, prudence, sous peine de finir avec une cheville en moins (hein Dominique?)… Prudence… donc après 2 chutes, je change de frontale pour en mettre une plus puissante et enfin voir où je pose mes pieds… J’aperçois le petit hameau de Chapieux en contre-bas et, au loin, les frontales des coureurs qui repartent déjà en direction du Col de la Seigne…

 

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J’atteins les Chapieux peu après 04h et je repère Sandrine tout de suite, emmitouflée dans 3 plaid et 2 pulls !!! Je me restaure (soupe, saucisson, fromage, orange…), refait le plein et la rejoint… on prend le temps de parler 5’ puis c’est déjà l’heure de repartir…Elle ne sait pas si elle va aux Contamines rejoindre mes parents au chalet où si elle file direct à Courmayeur… Moi, je sais ou je vais… direction l’Italie via le Col de la Seigne… J’entre dans un secteur de la course que je connais pour en avoir fait le repérage en Juillet ou y avoir déjà couru, en sens inverse, lors de la TDS l’année dernière… Y’a pas à dire, c’est plus facile quand on connaît (je m’en rendrai compte plus tard), surtout que j’attaque la partie la plus sauvage du parcours…ce qui n’est pas pour me déplaire…

Je grimpe toujours en mode gérance.. 10km d’ascension, ça peut user un bonhomme… On sent que les températures ont chutées mais je n’ai pas froid…je suis bien et je crois me souvenir m’être dis à ce moment là que j’étais dans la « zone »... heureux d’être là, en forme comme on pourrait l’être à 5h du matin, au bout de 55km de course à plus de 2000m d’altitude… je kiffe en fait… Bientôt les première lueurs du jour percent sur les sommets au dessus du col… et la neige fait son apparition au sol… j’ai eu de la chance, elle a du tomber avant mon passage… et moi, dans la montée, je n’ai rien au… ou alors je ne m’en rappelle absolument pas… Je passe le Col (2515m) à 07h00 avec le soleil levant et quelques coins de ciel bleu… Ca pèle quand même et je ne m’arrête pas en haut pour attaquer immédiatement la descente (c’est ici que le secteur des Pyramides Calcaire a été retiré)… toujours en forme, j’atteins le ravitaillement du Lac Combal à 07h45… je reconnais les paysage de la TDS et ça réveille des souvenirs…

Comme prévu dans la taquetique du gendarme, je ne tarde pas (plein d’eau, soupe, saucisson et fromage) et hop, en avant Guingamp, en passant par l’arête du Mont-Favre… je l’avais descendu l’année dernière.. et bein, j’ai préféré… une belle petite vacherie à monter… par contre, une fois la haut (2350m), quelle vue… Il est 09h, je me pose 5’ pour manger quelques cahuètes… et profiter de la vue… mais bon, on est pas venu pour bronzer donc hop, direction Courmayeur… La descente vers les Col Chercrouit est facile mais je sens une ampoule qui commence à arriver sur l’arrière du pied gauche.. du coup je me crispe un peu et les cuisses trinquent… A Maison-Vieille, je prend le temps de mettre un compeed même si Courmayer n’est qu’à 5 km de descente.. pas de risque… La descente est assez technique (pour moi) mais je suis content de moi…

Je traverse Dolonne et arrive au Centre des Sports de Courmayeur à 11h00, soit après déjà 16h30 de course… Je récupère mon sac de délestage (que j’ai utilisé plus pour soulager mes parents du poids qu’autre chose ) et me dirige vers la zone de ravitaillement… je repère Sandrine et mes parents qui se sont rejoint ici finalement… Cela a permis à Sandrine de se reposer dans la voiture, en mode camping... je n’aurai jamais cru que ça arriverait un jour ça !!!

Papa et Maman ne peuvent pas rentrer… ils vont rester 1h à nous attendre dehors… Avec Sandrine, nous avons trouvé un coin de table pour nous poser… Taquetiquement, je suis dans ce que j’avais plus ou moins prévu… J’ai 2h d’avance sur la barrière donc un check-up complet est au programme: je me change entièrement (ou presque), je mange, je bois, je récupère et je prends soin (euh, Sandrine en fait…) de mon ampoule… pas bien méchante mais sous la corne donc pas évidente à percer (bon d’accord, je vous passe les détails)… Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais mis dans mon sac de délestage ma vieille paire de Asics Trabucco 4, qui m’avait porté toute la saison dernière, notamment sur la TDS, sans une seule ampoule… du coup, nous prenons la décision de bien refaire tous les pansements préventifs, en insistant un peu plus sur cette ampoule, et de repartir en Asics… Allez hop, chapitre « pieds » terminé jusqu’à l’arrivée !!4

Il a l’air de faire bon, du coup de repart en court… avant que la pluie ne se mette à tomber dès ma sortie du Sport Centrum… bon bah, k-way... Je fais la bise à tout le monde car c’est parti pour un long moment sans les voir (40km)… Je repars après 1h d’arrêt au stand… et c’est dur de s’y remettre… mais le soleil arrive alors tout de suite, ça booste et c’est parti pour l’ascension vers le refuge Bertone… J’étais venu en juillet mais j’avais 0 km au compteur lorsque je l’avais fait… inutile de vous dire qu’aujourd’hui ce n’est pas la même cadence… J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à grimper d’un bon rythme.. pas de douleur mais les muscles demandent du préchauffage après la pause de Courmayeur.. J’atteins Bertone à 13h32, soit à la même heure à laquelle François arrive à Chamonix pour remporter la course !!! Moi, je suis à mi-course… bon, bah, on va y aller là, c’est qu’on est pas d’ici…

Entre les refuges Bertone et Bonatti, il y 7km quelques peu roulant… et c’est donc sur cette portion que je me rends compte que ça va être long car j’ai beaucoup de mal à relancer pour me mettre à trottiner… du coup, j’alterne marche et course sur le plat, marche dans les montées… et de plus en plus souvent dans les descentes car les cuisses commencent à chouiner ! Mais mentalement, ça va… je ne doute pas en ma capacité d’aller au bout sans gros bobo…

A Bonatti, le temps se gatte franchement… la neige fait son apparition… du coup, alors que je ne devait que faire le plein des flaques, je fais un vrai stop pour m’équiper : k-way (que j’avais retirer juste après… l’avoir enfiler à Courmayeur), bonnet, capuche, gants… Et qui je vois arriver :   Apostolos Teknetzis… je suis content de pouvoir le saluer… nous ferons quelques km ensemble entre ici et la Giette, avant que je faiblisse vraiment… On se revoit à l’UTMM Apos ?!

En mode pingouin donc, je prends la direction d’Arnouva, au pied du Col Grand Ferret, qui sera le point culminant de la course après la suppression des Pyramides Calcaire…

La descente est, comment dire… glissante, boueuse, savonneuse… difficile de garder ses appuis mais bon, ça le fait… sous la tente du ravito que j’atteins à 16h45, impossible de trouver une place… alors que je dois me changer pour affronter la neige, le vent et les -9°C annoncé en haut du Col… Tant pis, je vais faire ça à l’arrache… dehors... me voilà donc en slip-chaussettes à l’extérieur de la tente pour mettre mon collant et mon sur-pantalon... il doit faire 6-7°C je pense…

Je repars d’Arnouva en compagnie d’Apos et nous voilà prêt à affronter les éléments sur la montée du Col… Les premières rampes, vers le refuge Elena sont très raides. Après un léger replat au niveau du refuge, nous attaquons le col a proprement parlé… Personne ne parle, tout le monde a la tête rentrée dans les épaules et surtout dans la capuche pour ne pas laisser la neige rentrer… Je prend une petite pause pour manger (j’ai pas pris grand-chose à Arnouva) et je laisse mes compagnons de file indienne s’enfoncer dans les nuages… A ma grande surprise, le sommet arrive assez vite et je n’en ai pas tant ch… que ça… Je ne m’arrête pas au sommet, sous peine d’être congelé sur place… J’ai une pensée pour le pauvre bénévole qui sort de sa cabine aàchaque concurrent pour les flasher… Il aura bien mérité son verre de vin chaud.

Je ne m’arrête pas donc… mais je cours pas beaucoup non plus… et là, ça va être long… les muscles des cuisses (surtout le droit et le grand droit) crient famine et veulent poser un RTT… pas possible maintenant les chéris !!  Mais, je dois m’y résoudre, je ne courrai plus (ou plus beaucoup) en descente… et quand ça t’arrive dans la descente vers La Fouly, et bien, tu trouves le temps long…

La neige-pluie s’est arrêtée mais passé le petit hameau de La Peule, la pluie revient. Je crois que je préfère la neige !! La fin de la descente vers la Fouly se fera en mode luge… le chemin est tellement labouré par les tous les concurrents passés cette semaine (OCC, CCC et UTMB, soit au moins 4000 personnes) qu’il m’est impossible d’assurer ne serait-ce qu’un seul appui. C’est holiday on Ice !!! Si tu rajoutes, encore, l’obscurité de la nuit qui tombe (j’ai sorti la frontale) et les gouttes de pluie sur les lunettes, c’est Gilbert Montagné qui fait du ski !!

Enfin, le petti village de Ferret marque la fin de la descente et il ne reste que 2-3 km avant la Fouly… J’entends d’ailleurs la musique du poste de ravitaillement…

J’arrive à la Fouly à 21h00, j’ai déjà passé les 24h de course et je m’apprête à attaquer la deuxième nuit… mais avant, ravito et retrouvailles avec Sandrine et les parents… Mis à part les muscles des cuisses à l’agonie dans les descentes, je ne me sens pas trop mal… J’ai trottiné sur le « plat », j’étais pas si mal que cela dans le Col Grand Ferret… Je ne passe pas trop de temps au ravito (25’)…pas envie et tant que le physique et le moral sont bons, je souhaite garder un « maximum » d’avance sur la barrière horaire, surtout que j’ai l’impression d’avoir mis trop de temps à descendre et d’avoir « perdu » du temps. Je vais donc à l’essentiel : des vêtements chauds… et sec, à manger, à boire, le réconfort de Sandrine et de mes parents et me voilà, au bout de 20’, reparti dans la nuit noire et fraîche en direction de Champex…

Maman ne sera pas à Champex, elle a besoin de dormir et ira se reposer à l’hôtel à Martigny. Sandrine et Papa seront là, ils se reposeront entre les points de Champex et Trient.

Me voilà donc parti sur une longue portion presque entièrement bitumé… en regardant, après coup, la trace que l’UTMB avait mis en ligne en Juin et la route que l’on emprunte, j’ai l’impression d’un changement de tracé… ce qui pourrait expliquer que la barrière de Champex ait été avancée de 30’… Mais bon… je fais la connaissance d’un britannique, vivant en Australie, et nous allons alterner marche et course pendant un bon moment… J’en profites pour réviser mon anglais et lui son français… Ca change les idées car cette portion est franchement monotone !!

J’arrive bientôt à Issert ; ce qui veut dire que dans 400m de D+, cela sera le ravito de Champex… mais avant, il faut monter… et là, dès les premières pentes, je sens la fatigue monter… Je n’ai pas, à proprement parlé, de défaillance… je suis juste fatigué et forcément, le rythme s’en ressent. Mon ami l’Anglais est loin… j’ai l’impression que tout le monde me double. Ces 4-5km m’en semblent 20 tellement je n’avance pas... et là des hallucinations… Avec le ballet des frontales, tous les éléments (arbres, rocher, cailloux, feuilles) prennent des formes toutes plus loufoques que les autres. Allez, les deux qui m’ont le plus marqué : le Bibendum Michelin, avec des lunettes de soleil, assis sur un rocher à nous regarder passer… Dingue… et puis, un coureur qui est train d’en installer un autre dans une nacelle suspendue à une branche d’arbre pour qu’il se repose… Oups, va falloir que je prenne mes pilules… ou que je dorme !! Mais bientôt la musique du CP… puis les lumières de la ville et enfin, le ravito tant attendu…Je retrouve Papa et Sandrine et je lui dit, en y mettant mes derniers soupçon de lucidité,  qu’il faut que je me dorme. En même temps, vous me direz,  il est 00h40, je suis au km123 et j’en suis à 30h de course…

Avec Sandrine, on s’active donc à remplir les principales formalités (manger, boire, faire le plein, changer les affaires mouillées) et je m’allonge sur le banc pendant que Sandrine me masse les jambes… On se donne 15’ de repos… je n’ai pas l’impression d’avoir dormi mais j’ai fermé les yeux et tenté de faire le vide…

15’ plus tard, Sandrine me dit que c’est l’heure… Il est 01h30 et je repars… Statistiquement, celui qui passe Champex dans une forme certaine (voire une certaine forme…) a de grande chance d’aller au bout… je suis donc confiant quand je repars…

Papa et Sandrine font quelques hectomètres avec moi… et puis, un chemin, la nuit noire... et nos chemins de séparent… ils vont aller dormir un peu et moi je vais m’engouffrer dans cette forêt froide et humide… mais je n’ai pas de mauvaises pensées… j’y vais car c’est mon but, mon objectif et là bas, de l’autre côté de la montagne…

Ca repart doucement, en légère descente jusqu’au Plan de Lau… J’ai entièrement renoncé à alterner course et marche… je marche… le plus vite possible mais je marche… A Plan de Lau, la pente s’accentue un peu puis très franchement en direction de Bovine, à plus de 2000m… Ma petite pause semble m’avoir fait du bien… pas de bibendum en vue… je monte, en tout cas j’en ai l’impression, d’un meilleur rythme que tout à l’heure alors que la difficulté n’est pas du tout la même… mais cela me demande un effort mental énorme pour rester concentrer et empêcher que le rythme ne faiblisse...

Je n’ai pas reconnu cette portion et, je m’en rends compte, je n’ai pas suffisamment étudié le parcours… du coup, je n’ai pas de points de repère précis (altitude exacte des points hauts et des CP par exemple…) … et certaines parties me semblent longues car je me croyais, à tort, proche du but…

Passé Bovine, il nous reste que hectomètres de D+ à avaler avant de basculer… La pluie a cessé et le ciel s’est (un peu) dégagé… du coup, j’assiste à un joli ballet de frontales jusqu’au sommet… où je fais une petite pause miam-miam avant de me lancer dans la descente…

Je passe le CP de la Giette (km 135) à 05h15, après quelques centaines de mètres de descente… C’est une bergerie et à l’intérieur, le spectacle est incroyable : assis sur des bancs, dos contre le mur, une bonne vingtaine de coureur, les yeux fermés, se reposent... J’hésites… mais non… on verra à Trient qui n’est pas si loin.

Pas si loin en nombre de kilomètre parce qu’en temps, c’est interminable en marchant… l’impression de faire un marathon alors qu’il n’y a même pas !!!  Et la fatigue commence à revenir...pas d’hallucination mais beaucoup de mal a rester concentré... je suis en mode robot en fait… je suis programmé pour aller à Trient, donc je vais à Trient, en mettant un pied devant l’autre, à une cadence aussi lente que la vitesse à laquelle les informations arrivent à mon cerveau…c'est-à-dire presque à reculons…

J’arrive au Col de le Forclaz , le jour se lève... alors que je pensais être déjà à Trient (quand je vous dis que j’ai pas assez bien étudié cette partie du parcours…). Il me reste 2-3 km et surtout 250m de D- avant le CP6

J’arrive à Trient à pratiquement 07h du matin… j’ai donc mis 5h30 pour faire 16km !!! .. J’ai encore (ou seulement) 1h d’avance que la barrière… Pour un gros dodo, on verra plus tard… je pose quand même 5’ la tête dans le sac d’assistance pendant que Sandrine refait le plein des flasques…plein vite fait puisque je n’ai pratiquement rien bu sur cette portion de 15km… lucidité…5

Je repars après 30’,  un peu speed car la prochaine barrière semble un peu plus serrée que les précédentes… il faudra être reparti de Vallorcine à 11h15… d’ici là, un grosse montée à Catogne (2000m) et surtout une longue (pour moi) descente vers Vallorcine (1290m)..

Allez, hop c’est reparti… Je me persuade que je commence à tenir le bon bout, que passé Vallorcine, cela ne sera que du bonux… en même temps, au km140, y’a de quoi commencer à rêver de l’écurie (bon en attendant, c’est moi qui sent le poney !!!)

300m de plat et c’est parti pour la montée vers Catogne en passant par les Tseppes… Avec le jour, j’ai retrouvé un peu d’énergie et je grimpe pas trop mal… en fait, mon baromètre, c’est le nombre de coureurs qui me doublent…  plus y’en a, moins je vais vite (élémentaire mon cher Watson) et là, j’ai plutôt l’impression que mon rythme convient à la petite dizaine de gars qui reniflent mon derrière…

Je passe le CP des Tseppes à 08h40 et il ne reste que 150m de D+ pour rejoindre Catogne et surtout, un secteur que j’ai reconnu, ce qui sera un petit avantage…

Passé Catogne, j’attaque donc la descente, l’avant-dernière de mon périple… enfin, j’attaque ma deuxième séance de patinage pas du tout artistique de mon voyage… Un champs de boue pendant 2-3 km, avant de rejoindre les pistes de ski de Vallorcine... malgré un terrain plus sec et régulier, il m’est toujours impossible de courir… ou alors si lentement que cela n’en vaut vraiment pas le coup…

Sur le bas, j’aperçois Papa qui est venu à me rencontre… puis Maman puis Sandrine... Il est 10h45 et je dois être reparti d’ici dans 30’ maximum !!

Il fait beau et assez bon je trouve… je me change donc pour repartir en court… et la dilemme : mes affaires sont toutes sales et puantes et pourtant, le règlement dit qu’il faut avoir tout ça sur soi. Que faire ? Sandrine me dit de les lui laisser… je réfléchis (un peu…) et décide de ne pas tenter une élimination ou une pénalité… Je roule donc tout en boule et remet tout ça dans mon sac…

Je repars du CP à 11h01 et il me reste donc 01h15 pour atteindre le Col des Montets, à peine 4km plus loin… Honnêtement, je commence à savourer, je prends mon temps… je passe le Col avec 15’ d’avance mais… le CP n’est pas au col, il est au moins 1 km plus bas… et comme j’avance à la vitesse d’un escargot, je passe cet avant dernier CP avec 2 petites minuscules minutes d’avance sur la barrière…

Maintenant direction la Flégère… D’après ce qu’on m’a dit quelques hectomètres plus haut, ça monte pendant 7km jusqu’à 1900m d’altitude et puis ça descend jusqu’à Cham… Chouette… mais faux (mais je ne le sais pas encore)

J’attaque donc la montée la fleur au fusil, sur un rythme de sénateur… je fais mes calculs, il me reste 2h30 pour 600m de D+, sur une pente plus facile que la Tête aux Vents (que j’avais reconnu)… Finger in the nose… Tant est si bien qu’à 1700m, et avec encore 2h devant moi, je m’assois un moment pour manger un morceau et … profiter…

Quand je repars… ça descend…tient, bizarre… et pis, ça descend, ça descend… c’est autant qu’il va falloir remonter ensuite… Et puis, je regarde ma montre… le temps passe et l’altitude descend… putain, ça pue… Ca s’arrête enfin de descendre, je suis à 1350m d’altitude !!! Je croise un fille qui fait donne un cours d’escalade et je lui demande le temps qu’il faut pour monter à la Flégère… elle m’annonce « 01h30-1h40 mais ca dépend à quelle vitesse vous allez »… heu, comment dire, il faut que j’y sois dans 50’… la loose…

Et là, l’improbable se passe… un genre de truc qui te fais dire que le corps humain et le cerveau sont incroyables de ressources… plus aucune courbature !!!! et je me lance à bloc (bon, j’en suis à presque 44h de course quand même !!) et je reprends un à un des coureurs qu’y m’avaient dépassé dans la 1ère partie de la montée… je leur crie en anglais « we are late, we are late !!! » Je demande même à un gars qui court comme ça dans le coin, que j’avais croisé plus tôt, de me faire le rythme… Sensations énormes… entre le stress de ne pas arriver à temps et la sensation de presque voler que ces quelques 550m de D+ à avaler…

Je croise bientôt un randonneur… je lui demande combien de temps et il me répond « encore 250m de D+ »… je regarde ma montre, c’est bon, ça va le faire…

Enfin, je sors de la forêt et j’aperçois le CP, là-haut... je ne baisse pas de rythme pour autant bien que je ne cours plus car la pente est très sévère… Finalement, je passe le CP à 14h33, soit avec 12’ d’avance sur la barrière… C’est bon, je vais être finisher… Mais d’abord, il faut descendre et comment vous dire, mes courbatures sont revenues…et forcément plus fortes comme si mes jambes voulaient me faire payer ces quelques km à fond !!!

J’attaque la descente en essayant quand même de trottiner un peu… mais j’abandonne cette idée absolument stupide assez vite. Cette descente est très longue en marchant car pas très pentue… mais au moins, ça permet de commencer à prendre conscience que je vais y arriver… plus je descends, plus je croise des gens venus à notre rencontre, comme ça, pour nous encourager… 4 gars par ici qui font une hola, une fille par là qui m’encourage à trottiner même si c’est un supplice

Et puis, j’arrive en ville… je longe l’Arve, il fait enfin beau, j’ai une vue magnifique sur le Mont-Blanc, ce magnifique cailloux dont je viens de faire le tour, des barrières ont été disposées pour ne pas que la foule ne se jette sur moi (euh, là j’exagère un peu quand même  ). Puis le centre-ville… il y a énormément de monde (là c’est vrai !!), la plupart des gens t’applaudissent, t’encouragent, te tapent dans les mains… J’ai vraiment l’impression qu’ils sont aussi contents que moi de ce que je viens de faire…7

Et soudain, j’aperçois Sandrine… je n’ai même pas le temps de me jeter dans ses bras que j’éclate en sanglots… un moment que j’aurai voulu faire durer une éternité… mais j’ai une ligne d’arrivée à franchir quand même.8

Nous repartons tous les deux ensembles… je plane, je tape dans les mains de tout le monde… un dernier virage et j’aperçois l’arche… encore quelques mètres… et ça y est, je suis finisher de l’UTMB… putain, finisher de l’UTMB !!!

Je sens un bras m’aggriper… c’est Maman qui s’est frayé un chemin jusqu’à l’aire d’arrivée pour un gros câlin…et puis Papa arrive ensuite… Nous voilà rassembler ici, comme j’en rêve depuis 3 ans…

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Bref, un bon moment !!!!

Voilà, 1 mois que c’est fini… j’ai mis du temps à écrire ce CR… j’ai d’ailleurs hésité à l’écrire tout court car, même si rien n’aurait été possible sans ma super équipe d’assistance, c’est une aventure intérieure tellement forte, dans un environnement tellement grandiose, que j’ai presque eu envie de tout garder pour moi…

Et puis… et puis… l’écrire m’a permis de le revivre un peu et de combler un peu le vide que je ressens un peu depuis…

Je suis très content de la manière que j’ai géré mentalement... très peu de coup de moins bien, de bonne réaction quand cela arrivait (et en cela super bien aidé par Sandrine…). Physiquement en revanche… bon, mon genou m’a (étrangement) foutu la paix (les pouvoirs du corps humain je vous dis) mais les cuisses ont durcies un peu tôt (on va dire  95ème km) et j’ai énormément souffert dans les descentes… en même temps, pour un parisien qui n’a cumulé qu’une centaine de km en montagne sur un an, il ne fallait pas s’attendre à des miracles, surtout avec mon déficit de musculation dans les cuisses

Merci à vous tous qui vous reconnaîtrez, vous qui m’avez encourager avant, pendant et après...  Tellement de message, de « J’aime »…. Vous étiez avec moi et ça me boostait d’entendre les notifications de messages sur mon tel au fond su sac…

Merci à Papa et Maman de supporter aussi mes délires et d’avoir assurer comme des chefs depuis notre arrivée le Mercredi, jusqu’au 1er point d’assistance des Contamines… un bonheur… de 40 ans…

Merci à Sandrine de supporter mes délires et d’être la meilleure assistante de la terre… elle savait exactement ce qu’il me fallait à chacun de CP… un bonheur… de 20 ans

 

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18 septembre 2016

TDS 2016... Finisher ...

 Et bien nous y revoilà… Un an après mon abandon, me voici donc de nouveau tout près du gros caillou pour prendre le départ de la TDS, sur les Traces des Ducs de Savoie, Ultra-Trail de 119km et 7000m de D+ entre Courmayeur et Chamonix !!!

 

Chamonix-MontBlanc

 Cette année, fort de mon expérience de l’année dernière et de quelques conseils, j’ai (un peu) changé ma façon de me préparer… j’ai moins roulé, moins couru… pour tenter d’arriver frais dans les jambes et dans la tête puisque c’est dans la caboche que cela se jouera parait-il …

 On a aussi travaillé l’assistance avec Sandrine… en plus d’être présente aux points « habituels » (Bourg, Le Cormet, Les Contamines), on a décider d’y rajouter le Col du Joly…Parce que c’est là que j’ai bâché l’année dernière, parce que c’est en fin de nuit et qu’une présence peut y être super utile…

On s’organisera donc ainsi, sachant que Papa et Maman sont de la partie aussi :
      - Bourg St Maurice : assistance par Sandrine
      -
Cormet de Roselend : Présence de papa et maman… pas d’assistance possible. Selon l’heure à laquelle j’arrive, Sandrine sera déjà partie vers le Col du Joly avec les bus mis en place par l’organisation
      - Col Du Joly: présence de Sandrine, au bout de la nui t:)

      -
Les Contamines : assistance par Sandrine si elle descend plus vite que moi avec les bus, sinon papa prendra le relais
      -
Ensuite : on verra bien !!!

 La journée du mardi est consacrée aux préparatifs : récupération du dossard, vérification du matériel obligatoire etc… Il risque de faire chaud et nous recevons plusieurs consignes pour ne pas négliger d’emporter de l’eau, de se rafraîchir dès que possible… du coup, avant de rentrer, je cours m’acheter une casquette saharienne… ;)

De retour au chalet, je prépare mon sac et le sac d’assistance puis il est vite l’heure d’aller se coucher pour (tenter de..) dormir un peu… Je suis stressé mais en même temps serein… difficile à expliquer mais c’est déjà mieux que l’année dernière… 

Sac

 

(NDRL: à partir de d'ici, en bleu (ou en italique pour la version mobile...) vous pourrez également lire le récit de Sandrine, ma formidable femme, qui a assuré mon assistance... Amusant et surprenant de se rendre compte que, selon les moments, les sentiments sont les mêmes..  ou complètement différents !!! )

Le mardi 23 Août :
1/ On accompagne Monsieur au retrait des dossards, on fait tamponner sa contremarque transport.
2/ On aide Monsieur, on fait le sac assistance, on revoit ce qui va être utile à tel ou tel ravito.
3/ Je fait mon sac pour tenir toute la course : de quoi boire, manger, lire, avoir chaud (plaid, chaussette de ski, pull..), un siège car tout est ok pour les coureurs mais rien pour l'assistance, alors il faut tout prévoir.
4/ Essayer de se coucher pas trop tard

 

02h30, le réveil sonne… je tente tant bien que mal de prendre un petit dej puis nous voilà parti (avec Sandrine, la pauvre…) vers Les Houches pour prendre le car…

 

Le mercredi 24 Août :
Debout 3h, il faut accompagner Monsieur à l’arrêt de bus les Houches à 30 minutes des Contamines. 4h05 le bus part, c'est parti!

 

 

Car

 

 

05h00 : nous arrivons à Courmayeur… je trouve un place pour patienter et finir de me préparer… Un dernier petit pipi et je me place sur la ligne… On sent l’émotion monter petit à petit jusqu'au départ… Bon voyage !!!

 

 

 

 

 Je rentre, impossible de dormir; le sommeil finit par avoir raison de moi vers 6h30, réveillée à 8h30. On regarde le Livetrail.
Petit dej tranquille, on prépare à manger, on vérifie le sac, on charge la voiture avec le sac de Monsieur ( ne pas l'oublier !), mon sac, la glacière... On regarde le Livetrail.

J’ai décider de partir beaucoup moins vite que l’année dernière avec pour objectif d’arriver le plus « frais » possible à Bourg St Maurice pour attaquer la terrible montée jusqu’au Passeur, en plein cagnard…

Nous courons dans les rues de Courmayeur devant de nombreuses personnes déjà présentes malgré l’heure… En même temps, avec la musique et le bruit que l'on fait, dormir est un exploit :)

Et bientôt, à Dolonne, la route se transforme en chemin et direction Maison Vielle, 700m plus haut… Ca se passe bien, ce n’est pas trop pentu… Sur les 2-3 dernier km, je discute avec David… on ne se quittera presque plus jusqu’à Bourg… Une belle rencontre…

Dire que je suis parti prudemment est un euphémisme… quand, peut avant le col, je me retourne, je ne vois … personne ou presque… je dois être dans les 50-100 derniers… mais j’men fous...

Passé le Col Chécrouit et Maison Vielle, il y a quelques embouteillages car le chemin se transforme en single…

La progression est régulière jusqu’au Lac Combal où est situé le premier ravitaillement…. La descente qui a précédé s’est bien passée, sans trop taper dans les cuisses… par contre, j’ai eu un peu de mal à relancer sur le plat ensuite…

Je refais le plein des gourdes et remplis ma poche à eau (elle était vide au départ) car le prochain ravitaillement est dans 20km… ne pas faire les mêmes erreurs que l’année dernière !!!

Je mets ma casquette et en avant Guingamp, direction le Col Chavannes, point culminant du parcours avec 2592m… La montée n’est pas très technique et la pente n’est vraiment sévère que sur les derniers 150-200m de D+…

Je passe le sommet avec David… il est 10h20 et malgré l’altitude, on sent déjà la chaleur… par chance, il y a un léger vent qui nous rafraîchit un peu…

Nous attaquons la descente ensemble… puis je prends un peu d’avance, en faisant bien attention à être le plus souple possible… cette descente est longue, roulante et si on ne fait pas attention, on envoie du pâté et les cuissots sont bien attaqués en bas…

Alpetta

A chaque torrent que nous voyons, des coureurs se mouillent les bras, les jambes, la nuque, la casquette… Ca commence vraiment à chauffer…

 

Départ 11h15 avec mes beaux parents pour Bourg Saint Maurice. (2h de route). On pique nique en encourageant les coureurs et en observant les parapentes.
On regarde encore le Livetrail, eh oui on ne fait que ça, c'est le seul moyen d'avoir une estimation des temps de passage. On range le pique nique et l'on va au ravito, on oublie pas la carte qui permet de rentrer sinon pas d’assistance. Et on attend, on encourage, on regarde l'heure car la prévision du Livetrail est dépassé. Pas trop d’inquiétude car je sais que steph veut commencer doucement, mais bon barrière horaire à 17h

 Bourg

On attaque ensuite la remontée vers le Col du Petit St Bernard… Rien  de bien difficile encore une fois mais je me refuse à hausser le rythme et profite du paysage, magnifique …

LacVerney

J’atteins le Petit St Bernard 13:20 et en repart 10’ plus tard, en compagnie de David que j’ai retrouvé au « bar »… j’ai bien pris soin de faire le plein d’eau même si cela ne va faire que descendre … A ce moment là, j’ai 1h d’avance sur la barrière horaire… je ne la voyais pas si proche quand même… elle va me poursuivre un bon moment à partir de maintenant … ce n’était pas forcement prévu mais bon, on est venu pour en ch… non ?

La descente est longue (16km et 1400m de D- !!!) et la deuxième partie, à partir de St Germain, est un peu plus technique que ce que nous avons eu jusque là… L’année dernière, mes pieds avaient commencé à y chauffer sérieusement… mais, là, ça va, je ne les sens pas du tout… un bon point !!!

Nous arrivons (toujours avec David) à Bourg St Maurice à 15h50 après 9h50 de course… il fait 35°C !!!!!

Ça y est, je l’aperçois, vite je vais à l'espace assistance, présente mon carton, cherche un espace pour qu'il puisse s'asseoir ( ce qui n'est pas simple).

 Sandrine m’attend à une table et s’occupe à merveille de moi… je n’ai qu’à manger !! Elle remplit mes bidons, ma poche à eau, me tend mes affaires de rechange, me fais penser à regarder l’état de mes pieds … …. Je fais aussi la connaissance de Delphine qui me propose de partager son ravito, on échange quelques mots... encore une belle rencontre…

Ravito_Bourg (1)

 

 Je prépare tout, boisson, nourriture, vêtement de rechange. On voit l'état d'esprit, s'il y a des petits bobos à soigner, tout est ok, le moral, le moral, le corps parfait. On sympathise avec une coureuse. Steph repart, on se retrouve au Cormet de Roselend

Ravito_Bourg (2)

Ravito_Bourg (3)

Je me change (la chance d’avoir une assistance !!!) et je repart 30’ plus tard, toujours avec David qui a été « obligé » de m’attendre (chut, c’est un secret…) et nous voilà parti pour Le gros morceaux… 11.5km et 1900m de D+ jusqu’au Passeur de Pralognan… avec le soleil de face…

On a du temps, donc petite pause dans un bar car je ne vous ai pas dit il fait 35°. Beaucoup d'abandons.
On reprend la route (30 minutes), on en profite pour aller voir le Lac qui est un peu plus bas que le ravito, c'est magnifique !!

Lac_Roselend (2)

Pour se garer c'est un peu galère. On prend des photos, on attend, on encourage, on mange. J'analyse la nourriture de steph dans son sac ravito afin que son père ait tout, si jamais je ne suis pas à l’assistance des Contamines. Je me renseigne pour le bus que je dois prendre à 21h15 car risqué de prendre celui de 22h30.

 

Cormet (2)

 

Là, on rentre dans un autre monde… On croise au moins une dizaine de gars qui font demi tour, sûrement pour aller abandonner à Bourg… on en voit des dizaines et des dizaines d'autres, assis ou allongés sur le bas-côté dans un coin d’ombre… s’ils n’ont pas encore rendu leur ravitaillement, ils ne vont pas tarder à le faire.. C’est un carnage… sur le coup, c’est le seul mot que je rappelle avoir prononcé…

David part devant moi, il monte plus vite…Bon voyage à toi !!!  Moi, je fais le train pour 4-5 personnes… Le rythme leur convient, on discute un peu…

 Mais passé le Fort du Truc, je me sens moins bien… Pas de nausées mais presque… en tout cas, rien ne passe : ni du solide, ni la boisson énergétique et même pas l’eau… euh, comment dire, à même pas la moitié de la course, ça sent pas bon… que se passe-t-il ? pas assez mangé ? pas assez bu ? Coup du chaud ? bref, c’est tempête sous une casquette…

Point positif, je n’ai pas envi de vomir… je suis "juste" oppressé… Je continue malgré cela à grimper jusqu’au Fort de la Platte que j’atteins à 18h50 après 2h25 d’ascension… Et là, surprise… les propriétaires-fermiers du fort vendent des boissons… Heureusement, j’ai un peu de liquide et j’achète un coca et un Perrier… et surtout, je prend une décision : je dois me refaire cerise, sinon c’est abandon assuré… je prend dons le temps de boire mon coca et de me forcer à manger une barre de nougat et une compote…

Je repars 20-25 ‘ plus tard… j’ai toujours cette légère nausée mais j’ai bu et j’ai mangé… sans rien vomir… La chaleur commence à descendre avec le soleil qui se cache derrière les montagne, ça va peut-être me faire du bien aussi..

 

On se couvre car la nuit arrive. On se positionne sur le chemin afin de voir Steph arriver.Il est l'heure (21h05) pour moi de prendre le car qui m’amène au Col du Joly. Et là, le début de la GALÈRE. Pas de car, personne pour nous renseigner. Il fait nuit, je m’éclaire grâce à la frontal que j'avais prévu et bien sûr pas de réseau, donc pas moyen de prévenir mes beaux parents que je suis toujours là. 22h toujours pas de bus alors que 3 pour descendre à Chamonix. Je commence à stresser un peu, le col du Joly, (c'est là qu'il a abandonné l'an dernier il faut que j'y sois) comment faire. Un car arrive, on l’arrête (eh oui, on est 10 à attendre) et il nous dit qu'il a 30 minutes de coupure à faire, on lui dit pas de soucis, et là il nous dit non non je rentre et il part

 Cormet (1)

Cette seconde partie de l’ascension est moins dure et j’arrive assez vite au Col de la Forclaz… petite pause de 5’ pour boire mon Perrier, préparer ma frontale et ça repart…

Nous sommes au milieu de nulle part, les montagnes et les lacs d’altitude nous regardent, veillent sur nous… le temps est comme suspendu, c’est magique… en fait, c’est pour çà que je suis venu je crois…

Cormet (3)

 

J’arrive assez vite (enfin tout est relatif…) au Passeur de Pralognan… il est presque 21h et le soleil fini de se coucher… je crois que j’ai versé une larme devant la beauté du paysage… Je me pose une petite dizaine de minutes avant de mettre la frontale et d’attaquer la descente…si je vous dis que les premiers 200-300m sont sécurisés par des guides de haute montagne, ça vous donne une idée de la technicité de la descente… Ca se calme ensuite pour finir par 2-3 km de plat pour atteindre le Cormet de Roselend, 600m plus bas..

 

J’aperçois Papa et Maman… je vais trouver une place … Sandrine est encore là, c’est la galère avec les bus…Delphine, rencontrée à Bourg est là aussi juste à côté… J’explique que je n’arrive pas à manger ni à bien boire… et que j’ai pris la décision de prendre le temps qu’il faut pour repartir bien… le risque ? voir la barrière horaire de rapprocher dangereusement… mais c’est ma seule chance d’aller au bout… au pire, je serai éliminé… mais je n’aurai pas abandonné...

 

Du coup, Je vais voir si la voiture est toujours là, ils sont toujours là. En revenant, je les aperçois, steph est arrivé au ravito. Ils sont surpris de me voir. Je vais voir steph et Louisette va se renseigner pour le bus. Steph est pas bien, il a du mal à manger, à boire. Cela s'annonce mal, et pas de car, mais on est venu pour finir alors on rebouste Monsieur, on discute tout le reste va bien. Allez on motive les troupes car il n'est pas le seul à se poser des questions.

Je suis en colère contre ce qu’il m’arrive mais je ne flanche pas, alors qu’au même endroit l’année dernière, la tête commençait à lâcher… Et comme tout le monde m’encourage, ça fait du bien !!!

Je prends une soupe aux vermicelles… puis une deuxième… ça passe… et ça reste à l’intérieur… 1ère victoire !!

 

Et là, on annonce un car pour le col du Joly, je ne laisse pas vraiment le choix à steph, je pars prendre le bus donc il est obligé de continuer. Le car part à 23h30, je me dis chouette je vais pourvoir me reposer et bien NON. A peine parti que j'ai envie de vomir. Je n'ai jamais été aussi contente d'arriver (un grand malade ce chauffeur...)


Puis je me change, met un coup de chargeur à ma montre et à mon tél, et mange encore quelques trucs, des tucs même… rien de veut ressortir, c’est bon signe… Allez, un petit café et c’est reparti… j’aurai passé je pense 50’ au ravito… quand je remets la machine en route, la barrière est 45’ derrière… Ca pue, mais ça va mieux… Advienne que pourra maintenant… de toute façon, entre temps, Sandrine est parti au Col du Joly… une façon de me dire qu’il faut que j’y aille aussi :)

Quand je repars, ça va mieux… c’est pas le top, mais ça va mieux.. du coup, je gamberge un peu moins… l’allure est correcte et surtout, comparé à l’année dernière, je ne me fais déposer par tout le monde… Il est minuit, on vient de passer la moitié, on est un peu touché quand même donc on se raccroche à chaque détail, même insignifiant, qui nous semble être positif…

Cette impression de mieux est confirmée dès le Col de la Sauce passé… mon ventre me gêne beaucoup moins, et même si j’ai du mal à manger, je rebois régulièrement… pour la bouffe, on verra à La Gitte …

En plus, sur recommandation de Sandrine auprès des copains, je commence à recevoir un tas de SMS… Ca fait du bien de lire tous ces encouragements :)

La descente vers La Gitte m’avait laissé un mauvais souvenir l’année dernière… il faut dire que mes pieds me faisaient souffrir alors que cette année, tous les voyants sont au vert de ce côté-là… Ô certes, je me fais déposer régulièrement car je revendique le titrede plus mauvais descendeur (n’en déplaise à Laure:) ) mais je trouve mon allure correcte.

 

Jeudi 25 août :
Quand on sort du car, on est accueilli par la musique à fond. On nous autorise à nous installer dans un coin, le coin des abandons. Je m'installe sur ma chaise avec ma couverture, on discute un peu, on essaie de dormir (car musique et annonce systématique des coureurs pas facile), on a de la chance il ne fait pas froid. On encourage les coureurs et on attend nos maris. Mes copines de nuit voient leur mari arriver plus ou moins bien, 2 repartiront, 1 abandonnera

 

A un moment, je me retrouve tout seul… pas une frontale devant, rien derrière… juste moi, les montagnes, le torrent et les étoiles… le kiffe, j’vous l’dis !!!

J’arrive à La Gitte vers 1h30, soit au bout de 2h… Ca va mieux mais ça va pas bien vite quand même... Je me pose pour manger un morceaux : ça a du mal à passer quand je suis en mouvement mais statique, ça va… Un gars à côté de moi est au bout du rouleau et est réconforté par sa belle… pour moi, ça sera dans 10km !!!

Je ne reste pas très longtemps pour ne pas voir la barrière se rapprocher… j’ai dû regagner 10-15’ sur ce petit tronçon de 8km 

Ca repart par une sévère pente sur 3-4 km puis cela s’adoucit pour arriver au Col Est de la Gitte… Puis arrive ce qui a été mon cimetière l’année dernière… une grande pierrerie, une mer de cailloux et rocher qu’il nous faut descendre (et un peu remonter) pour arrivé au Col du Joly… Comment cela va-t-il se passer aujourd’hui ?… et bien, pas trop mal… je garde un rythme que je qualifierai de certain… en tout cas qui me convient et qui  me fait avoir des pensées positives…

Dans le même temps, je reçois des SMS de mes fidèles supportrices (merci les montres connectées).. il est 03/04h du mat et ça fait un bien fou !!!!

Sandrine m’envoi un texto pour me dire qu’il faut que je sois là avant 06h30 because barrière horaire et…dernier bus pour elle… Je lui réponds que je suis là dans 10’... il est 04h45… on est dans les temps…

 

Je me retrouve seule à attendre, j'envoie un message à steph car dernier 4x4 vers 6h30 et le livetrail m'annonce arrivé 6h54. Il me répond 10min encore.

 

J’atteins le Col du Joly à 05h05.. J’aperçois Sandrine emmitouflée dans son blouson et son plaid… je n’ai pas de droit d’être assisté mais sa seule présence est réconfortante…

Je suis bien, j’ai repris pratiquement 1h sur la barrière donc je vais pouvoir "gérer" la longue descente vers les Contamines !!!

Je prends le temps de bien m’alimenter (soupe, tuc fromage) et de refaire les pleins  et je repars au bout de 20’… le jour ne va tarder… Rendez-vous aux Contamines !!

 

Finalement, il arrive à 5h06. Il est en forme, l'estomac va mieux, la fatigue arrive, mais c'est ok. Petite marge sur la barrière horaire, on se donne rendez vous 7h30 aux Contamines.


Bon, je ne vous cache pas que j’ai un peu mal aux jambes et que dans les descentes, ça commence à piquer un peu… la première partie est assez roulante donc ça va mais rapidement on rentre dans la forêt et la pente se fait plus forte, les racines plus présentes… les douleurs aussi…

 

Là, j'ai de la chance car j'ai tout de suite un 4x4 puisque nous sommes assez nombreux pour descendre (il faut minimum 4pers sur 6), on est 2 assistances et 3 abandons. La monté en car a été mémorable, la descente en 4x4 fut rock’n’roll (musique à fond et on descend par un chemin très cabossé en pleine montagne).
Arrivée entière aux Contamines, on remercie le chauffeur et on rentre en courant au chalet, pause pipi obligatoire et on récupère grand parents et enfants pour attendre steph à l'assistance des Contamines.

 Contamines

   

 Heureusement, la fin de la descente est plus calme… et je reconnais un endroit où nous nous sommes baladés en famille en début de semaine…

Arrivé à hauteur de la magnifique Chapelle de Notre Dame de la Gorge, je me remets à courir jusqu’aux ravitaillement des Contamines, 3-4 km plus loin…

Là, tout le monde m’attends (nous y logeons)… mes parents, mes beaux-parents, les enfants… le chien… Sandrine, elle, m’attend déjà sous la tente… il est 07h40

 

Ravito_Contamines

 

Elle me masse les jambes comme nous l’avions convenu plus tôt… je me change et me dirige vers la soupe et les tucs quand me chef de poste nous annonce « barrière horaire dans 40’ »… bon bah, va pas falloir traîner… au final, je serai resté 20’… Il me reste 5h30 et le Col du Tricot à franchir pour atteindre la barrière des Houches et ensuite filer vers la terre promise…

 

Comme prévu Steph arrive à 7h37. Le coca est prêt, on masse les cuisses, les mollets, on se change, on mange un peu et on stresse car on nous annonce toutes les 5 minutes le temps qu'il reste avant la barrière horaire de 8h30. Mais steph est bien, confiant. Je m'autorise à y croire même s'il reste un col et une descente.

 

Mais bien que la barrière ne soit pas loin derrkière, je suis assez serein en fait… et ce depuis le Col du Joly… je me dis, ou je tente de m’en persuader, que si pas de gros coup de mou, ça va passer

Me voilà donc parti à l’assaut du Tricot… sur un bon rythme au début de la partie qui mène aux Chalets du Truc, puis, devant la pente qui se cabre, je réduit l’allure… Après une petite descente, nous voici devant le mur final du Col du Tricot… une vraie vacherie ce machin… et ça monte, et ça monte et dans les cailloux, toujours les cailloux… J’arrive là-haut, à 2100m, à 10h30 environ.. . il reste 8-9 km avant les Houches, et 3 pour y être…. Les bénévoles là-haut nous disent que ça va le faire… Yes, un coca pour fêter ça !!

 

On rentre au chalet, on a du temps, donc petit dej, douche, et on réfléchit a t'on le temps d'aller aux Houches puis à Chamonix? faudrait pas louper l’arrivée. On décide d'aller aux Houches. A 10h24, le Livetrail annonce arrivée aux Houches 11h57. On part en famille

 

En même temps, ça tombe bien car les quadriceps commence à crier famine… Ca devient de plus en plus dur de courir en descente, même de marcher vite… et en plus, je crois que je commence à saturer des cailloux sur lesquels tu dois poser tes pieds en permanence… donc, inconsciemment, je crois que je lève le pied et commence (un peu) à savourer… bon, j’en connais qui s’inquiètent aux Houches quand le livetrail leur annonce que j’arriverai hors délai… mais moi, je suis serein…

 

Et là, le temps va être long et stressant

Houches

 

Au passage à Bellevue, il ne reste plus qu’une descente pour atteindre le ravito… les dernier km ne sont pas les plus glamour sur une route en lacet… d’autant que je peux définitivement plus courir en descente… à 500m du ravito, j’aperçois Grégoire et Michel qui sont venus à ma rencontre… un peu plus loin, il y a Daphné…  Je passe la barrière à 12h55 avec ½ heure d’avance sur la barrière... sachant que je n’ai pratiquement pas couru depuis les Contamines… j’ai quand même bien fait de me speeder un peu aux Contamines…  C’est presque fini, les bénévoles du poste nous félicitent déjà... je suis bien… Je prends 10’pour manger et discuter un peu avec la famille puis de prend la direction de Chamonix…

 

car il arrive à 12h55 pour une barriere horaire à 13h30. Je suis limite de pleurer quand il arrive tellement j'ai stressé. Merci les copains d'avoir répondu présent quand je vous ai demandé de l'encourager.

 Arrivée (2)

 

Il reste 8 km, 8 km où je peux savourer, me remémorer les bons et les moins bons moments de cette aventure… je retrouve même des forces pour courir à nouveau… je préviens Sandrine de mon heure d’arrivée approximative… dernier coup de stress : ils ne sont pas encore garés !!!

On repart tous confiant, il va finir. On mange puis direction Chamonix, le livetrail annonce 15h13. Et là, nouveau stress, message de steph à 14h09, j'arrive dans 10 minutes sauf que l'on n'est pas encore garé, car se garer à Cham, c'est compliqué

 

Puis, j’arrive en ville… et je pénètre sur l’avenue Ravanel le Rouge… Les passants nous applaudissent, nous félicitent, les enfants tendent leur main pour un check, même les gens assis en terrasse prennent le temps de poser leur bière pour t’applaudir… Il faut le vivre… je vous le jure… j’ai les larmes qui montent, non, qui coulent…

Juste avant le dernier virage, j’emmène les enfants avec moi pour franchir la ligne… 100m, je baisse la tête pour ne pas montrer que je pleure mais personne n’est dupe…

Arrivée (3)

 

 Arrivée (5)

Finalement, tout le monde sera en place à temps pour le voir arriver à 14h34. L'arrivée est très émouvante, une petite larme ou plusieurs.

 

Ca y est, c’est fait… je suis finisher en 32h34’ !!!

Arrivée (1)

 

Que dire…Ce n’était pas une course, ni une randonnée… c’était plutôt une aventure… humaine de part les sympathiques rencontres que j’ai pu y faire avec David et Delphine… une aventure intérieure aussi (Dom, si tu me lis…)  à la découverte de moi-même… une aventure partagée aussi avec ma chérie, aux petits soins sur les points d’assistances et qui n’a cessé de m’encourager… partagée aussi avec papa, maman, Michel, Hélène et les enfants…et avec vous qui m’avez encouragé pendant toute la course…

 

Ce fut une belle expérience, fatigante, stressante, émouvante avec une ambiance sympathique, et de belles rencontres.
Un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenu, encouragé pendant ces 32h34. Mon chéri, je suis très fière de toi.

 

Bref, un bien joli moment…

Bref, un bien joli moment

 

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 Arrivée (4)

 

 

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26 juillet 2016

Le Tour de Seine et Marne à Vélo !!!

Tour de la Seine et Marne en Vélo !!! Check !!!

Ca, c’est fait… 480km non stop de Samedi 11h avec une arrivée ce dimanche matin à 8h30…

480km de pied total avec une bande de pote du Team Cycliste Bussy, le tout au profit de Institut Curie et des Les défis pour Curie !!! Une belle aventure humaine dans un département que nous pensions connaître et que nous avons découvert autrement !!!!

Comme prévu (!!), les avions ont mis en marche avec le vent dans le dos pour nous amener à pratiquement 30km/h sur les 250 premiers km (hors pause, je vous rassure quand même:) )

Le début de la nuit n’allait même pas les calmer… Il a fallu l’arrivée de l’aube pour commencer à sentir quelques signes de fatigue chez certains (et plus d’essence pour moi notamment dans les 40 derniers km !!!)

Pedro, Jean-Claude, Alain, Fred et moi avons fait l’ensemble du parcours à 2 roues . Dom, Alex et Bruno se sont relayer à 1 ou 2 dans la camionnette. Chacun à apporté sa pierre à l’édifice, soit en conduisant, soit en indiquant le parcours (merci Garmin et merci Strava !!!), soit en s’inquiétant du sort des plus faible (Merci beaucoup Alain)… Bref, chacun à sa façon…

Côté organisation, c’était une première pour moi… je suis assez content… j’ai juste oublié les gobelet pour le café… (note pour tard pour Alain: quand on apporte un thermos, c’est plein !!!)

Merci au dieu du ciel de nous avoir épargné la pluie tout le we… pas les temps qui courent, ce n’était pas gagné

Merci au dieu du vélo qui nous a épargné les problèmes mécaniques (seulement 2 crevaisons, simultanées, pour JC)

Merci à Damien Bruno, Marc, Steph, Francis, Alvaro pour les coups de main… sans vous, cela aurait été bien plus compliqué

Merci à Bussy-Saint-Georges et à Cécile Munch de nous avoir soutenu et aider…

Merci à tous les donateurs qui soutiennent par leur dons l’ Institut Curie… Vous pouvez toujours participer à notre collecte liée à l’évènement sur http://macollecte.curie.fr/projects/un-tour-pour-curie-fr

Voici la jolie trace STRAVA d'Alain : https://www.strava.com/activities/621517035

et quelques photos…

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Merci de votre soutien.

Stéphane

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17 juin 2016

Un Tour pour Curie... A vos dons !!!

Dans un peu plus d'une semaine, une équipe du Team Cycliste Bussy s'élancera sur les route de Seine et Marne pour en effectuer le tour, non stop... une aventure de quelques 500km à réaliser en 24h...

Fred, Alain, Dominique, Michel, Bruno, Alex, JC, Hervé, Steph, Pédro... et tout ceux qui le veulent encore partiont le Samedi 25 Juin à 11h dpeuis le Square Vitlina de Bussy St Georges... pour y revenir 24h plus tard, accompagnés par le reste de l'équipe qui sera venu à sa rencontre au petit matin.

Comme vous le savez sûrement déjà, ce défi sportif est également un défui de générosité puisque ces garçons Roulerons contre le Cancer, au profit de l'Institut Curie... Une collecte a été mise en place et il ne tient qu'à vous, lecteur, de faire monter la cagnotte en partageant au maximum cette information... A noter que la totalité des frais d'inscription des participants sera reverser à l'Institut Curie...

http://macollecte.curie.fr/projects/un-tour-pour-curie-fr

Collecte

 

Côté organisation, cela se fera un peu à la bonne franquette... Un minibus a quand été loué pour permettre à ceux qui le souhaiteront de pouvoir se reposer... Il ne manque aujourd'hui que les pilotes...

Le parcours lui est tracé depuis plusieurs semaines maintenant mais des aménagements de dernières minutes sont toujours possible..

Parcours

 

Pour ceux qui le souhaitent et qui le peuvent, vous trouverez ci-dessous une affiche que vous pourrez afficher au boulot par exemple, que vous pourrez faire suivre à vos proches, à vos amis ou bien que vous pourrez partager sur les réseauxs sociaux...

Affiche

 

Affiche

 

 

 

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11 mai 2016

Inscriptions ouvertes pour le Tour de Seine et Marne !!!!

 

Ca y est, c'est parti !! Au moment même où nous lançons les inscriptions, le Team Bussy recevait un mail de l’Institut Curie, emballé par notre idée… Nous en sommes ravis pour des tas de raison !!!

Flyer

Alors, si vous voulez vous inscrire, rien de plus facile… téléchargez le bulletin d'inscription ci-joint et retourner le à l'adresse indiquée… Si vous êtes un extérieur du club, il vous sera demandé juste une chose : être parrainé par un membre du club… Pour avoir un parrain ? Envoyez un « CV cycliste » des dernières années…. En même temps, vu celui des membres du Team, vous ne courrez pas le risque d'être recalé :)

Quelques petites précisions pour vous inciter à venir:
Vous pouvez vous inscrire en solo ou en relais par équipe de 2 ou 3 maximum…
Vous êtes en recherche de partenaires ? Dites-le, on essaiera de vous trouvez des coéquipiers
Vous voulez vous inscrire en solo mais avez peur d’une défaillance ? Dites-le, vous pourrez monter dans la camionnette pendant quelques km
Si on passe près de chez vous, venez même rouler quelques km avec eux… Ca leur fera plaisir… venez juste avec votre vélo… et un petit chèque pour l’Institut Curie, ça leur fera plaisir aussi :)

En fait, venez comme vous êtes et venez participer à une épreuve qui n’est pas une course, pas une tentative de record mais juste un défi, pour la bonne cause en plus, d’une bande de pote réunis autour d’une même passion…

Le délai est court, cela sera cool que les inscriptions soient clôturées fin mai pour ensuite avoir le temps de tout organiser… Les 3 semaines qui nous séparerons du départ ne seront sûrement pas de trop !!!

D’ailleurs, si vous voulez  aider les pseudo-organisteurs, vous serez les bienvenus … ils cherchent, entre autres, des pilotes pour les camionnettes…Toute aide leur sera précieuse. Contactez le Team par @ pour vous signaler

 

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A très vite pour plein d’autre infos

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09 avril 2016

Le Tour de Seine et Marne… J- 78

Des nouvelles du projet porté par le Team Cycliste Bussy… et un peu par moi aussi…

Carte_2

On avance, jamais assez vite que ce que l’on voudrait mais on avance…

 Nous avions décidé dès le début que cette aventure serait caritative… et elle le sera… Nous roulerons pour et au profit de l’Institut Curie, pour les remercier et les encourager dans leur soutient au quotidien auprès des malades du cancer, notamment les enfants… et pour d’autres choses aussi…

 Même s’il reste pas mal de gros détail à régler, cette aventure rentrera dans le cadre des Défis pour Curie…

 Nous sommes également dans l’attente imminente de la réponse d’un partenaire dédié à cet évènement…

 De son côté, la Mairie de Bussy-St-Georges devrait nous aider à organiser un petit truc sympa au départ mais surtout à l’arrivée, avec, on l’espère, une salle pour nous reposer et fêter ça tous ensemble le lendemain…

 Côté sportif maintenant, le parcours est bien entendu tracé… sur la carte… Si certains coins de la Seine et Marne n’ont plus de secret pour les membres du Team, d’autres vont réclamer des reconnaissances… à vélo… ou pas..

 Vous vous allécher un peu,  un aperçu des 250 premiers km, qui nous amèneront vers Provins… Nous serons à mi-chemin…

 

TSM_250

 

 Cette randonnée sera en priorité « réservée » aux membres du Team… Mais tous ceux qui voudront y participer seront les bienvenus, via parrainage…  et ceux que nous croiserons sur la route seront également invités à faire quelques km avec nous, dans la joie et la bonne humeur comme on dit…

 Vous trouverez ci-joint, un extrait de notre règlement (il faut cliquer ici !!!)… comme vous le verrez, pas de prise de tête, entre potes… mais quelques règles n’ont jamais fait de mal…

 A bientôt !!!!!

 

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07 avril 2016

Eco Trail de Paris 80km... Rendez-vous avec une Grande Dame !!!

 

Et 1, et 2 et 3… et 4… 4ème participation pour moi à l’Eco Trail de Paris… Après avoir bouclé le grand chelem l’année dernière (les 3 distances en 3 ans), me revoilà sur la course reine, le 80km… pour avoir le droit de monter au 1er étage de la Tour Eiffel à l’arrivée, ce que n’avais pas pu faire il y a 2 ans pour case de travaux… 

Il a bien changé le bonhomme en 2 ans… En 2014, je dépassais pour la 1ère fois les 30km en course… Aujourd’hui, j’ai un peu plus d’expérience… ajouté à cela que je commence à connaître le parcours, je nourris des ambitions (quel grand mot !!) pour cette année :  descendre sous les 9h, soit 40-45’ de moins que la dernière fois… 

Côté prépa : du classique… course à pied et vélo… J’ai reproduis le même schéma qu’en 2014… Entraînement croisé, utilisation du vélo-taf ou du running-taf pour optimiser le temps disponible… 3 grosses sorties sont venues s’ajouter sur le dernier mois et demi : 180 km en vélo et 2 rando-course dans la Forêt de Fontainebleau : 35km en février et surtout 50km début mars… C’est lors de cette sortie que j’ai réalisé que les 9h étaient atteignables… Une belle sortie, finies pas trop entamé, à une moyenne bien meilleure que ce que  je réalisais encore l’année dernière… Mais en trail long, on n’est jamais sur de rien, alors… prudence…. 

Tiens, en parlant de Trail… je ne comprends pas tout ces débats (gentillets… ou pas) sur l’Eco-Trail… Beaucoup doutent de l’authenticité de cette épreuve… parce qu’en région parisienne…. Comme si le Trail et Paris n’étaient pas compatibles… Alors oui, il y  des endroit pas très glamour comme passer au dessus de l’A14 ou le l’A86 ou encore les derniers km sur les bords de Seine… Mais, plus de 90% du parcours se fait sur sentiers, roulant certes, au milieu des forêts de l’Ouest Parisien, les bosses sont courtes mais bien choisies pour faire mal… au final, moins de bitume et presque le même dénivelé qu’une Saintelyon par exemple…

Bon, revenons à nos moutons…  Vendredi, J-1… fin d’une semaine de récup (et oui, ça m’arrive…) avec 1 sortie de 13 km le mardi, 40km de vélo jeudi et enfin 5 km à pied vendredi, histoire de tester le matos (lampe, réglage du sac...).. quelques whisky-coca pour l’anniversaire de tonton Bob et c’est l’heure du paquetage…

Dossard

Samedi, 6h… debout et départ pour Paris… Il est tôt mais arriver sur place me permet de trouver de la place pour me garer assez facilement près de l’arrivée… et j’aime bien m’imprégner de « l’ambiance » en arrivant tôt… Bon cette année, bof, y’a pas grand-chose sur l’aire d’arrivée de bon matin… Je me dirige donc vers le RER assez tôt pour prendre la direction St-Quentin… 4 ans et scène toujours aussi surréaliste de voir des centaines et des centaines de coureurs à pied, en tenues, sac sur le dos… sur le quai d’une station de RER un samedi matin…

 10h… J’arrive sur la base de loisirs St Quentin en Yvelines, lieu du départ…. Ca caille… (5°C, vent frais)… Nous sommes quelques uns à nous retrouver autour… d’une étuve ou chauffe l’eau pour le café et le thé… On se raconte nos aventures passées, à venir… ceux qui ont déjà participé donnent des conseils aux novices… conseils qui ne seront sans doute pas respectés car en fait, tout le monde fait comme il veut…. et comme il peut J

 11h-11h15, faudrait quand même songer à se préparer… Je trouve un coin, et hop, c’est parti…  Crème anti-frottement sur les pieds, pommade sur les cuissots, rangement du sac, préparation des ravitaillements, remplissage des bidons et hop, le bonhomme est prêt… Ca m’a quand même pris une bonne 1/2heure cette affaire !!! Je donne mon sac de change à la consigne et me dirige vers la ligne de départ… Reste 25-30’ avant le départ mais comme on se sert tous, il ne fait pas trop froid…

Départ

 12h : l’heure du briefing de l’organisateur… A l’entendre, on se rend compte que cela ne doit pas être facile à organier une manifestation de cette taille en Ile-De-France, surtout en cette période…

 12h15 : Bam !!! C’est parti… Je suis pas trop mal placé, sur la 4ème ou 5ème ligne ce qui me permet de prendre « l’aspiration » des 1ers… oh, pas bien longtemps, car les leaders partent sur des bases de 3’55-4’ du kilo… ce que je dois tenir, difficilement, sur 10km plat !!!

 

Je me cale un à rythme compris entre 4’50 et 5’ (pour les novices, 5’/km c’est du 12km/h…)
Les jambes ne sont pas super super mais le souffle est bon alors on continue gaiement…

De tout façon, je me dis que pour atteindre mon objectif des –9h, il me faut partir (beaucoup) plus vite qu’en 2014 ou j’avais terminé en 09h43… car je ne compte pas sur les derniers km, plats, le long de la Seine, pour relancer l’allure… A ce moment là , je serai en train de serrer les dents…

A la fin de la 1ère heure, j’ai parcouru plus de 12km au lie de 10.5 en 2014… Et je me sens bien… Les 1ères bosses, à partir du 15ème km, me font baisser l’allure… je me situe entre 10 et 12km/h sur le « plat », je marche dans les patates et fais attention à ne pas trop passer dans les cuisses dans les descentes… Je pense aussi à boire régulièrement (merci Laure !!) , et finalement, le ravitaillement de Buc (km23)  arrive, vite, au bout de 1h57, contre 2h30 il y a 2 ans… Là, je me dis que si je maintiens un rythme correct, les 9h passent à la casserole.. Mais avec des si…

 Je mange un peu, fais du stock et remplis mes bidons… J’ai choisi de ne pas prendre de poche, juste des flasques et bidons… On y gagne un temps certain au moment du remplissage)… En repartant, je m’arrête faire un petit pipi, au calme J

 Là, on attaque le gros morceau de cet eco-trail… d’ici le km56, nous rencontrerons les principales difficulté (800m de D+) avec un seul point d’eau au km45… Ca peut être long…

 Je me remets à mon rythme de croisière, 10-12km/h, et hop, en avant Guingamp !!!
Arrivé aux environs du km30,  je subis un petit coup de moins bien… Aïe… Mais je suis assez lucide pour m’en rendre compte et relever, légèrement, l’allure et surtout je bois et je mange… Ca dure 4-5km, jusqu’au moment où, à la faveur d’un petit parking, j’aperçois 2-3 coureurs que se font assister, donc hors règlement… Ca m’énerve… Même à notre petit niveau ça triche… pfff… Du coup, comme je suis énervé, j’accélère… mon petit coup de moins est passé…

Comme je commence à connaître le coin (4ème participation entre les 3 distances), j’ai des repères qui m’annoncent l’approche du point d’eau de Meudon… Ca aide…

Depuis pas mal de km, depuis la sortie de Buc je crois même, je cours avec un espagnol… Sans se parler, on prend chacun de relais… lui dans les bosses, moi sur le plat…Sympa…

A un moment, je trébuche et manque de me planter… il était moins une… 100m plus loin, c’est au tour de mon collègue ibérique… sauf que lui, il se vautre… et il crampe… Je l’aide à la faire passer et me résout à partir seul après m’être assuré qu’il allait bien…  Il aura bien récupéré puisqu’il reviendra sur moi plus tard et nous n’allons pas arrêter de nous croiser jusque sur les quais…

 Km 46, le point d’eau de Meudon arrive… Beaucoup sont touchés, et demande à qui veut bien répondre si on en a bientôt fini avec les bosses… Je réponds à quelques uns qu’il reste une petite vingtaine  de km comme ça ‘en fait un peu plus, chuuuttt…) mais qu’à partir de maintenant, les ravitaillements sont espacés de moins de 12km chacun et que cela se gère mieux…

 A Meudon, je ne perds pas de temps… Je remplis mes 2 bidons (1.2l au total) et je repars de suite en marchant, le temps de me ravitailler en solide… Et puis, c’est reparti… un peu plus de 11km d’ici Chaville… Les jambes, sans être merveilleuse, répondent toujours assez bien… dans ma tête, je suis dans la Zone, conforter par le fait que je suis largement dans les temps pour faire tomber la barrière des 9h….

 Chaville arrive finalement très vite, en un peu plus d’une heure… et là, j’entends mon nom… ou plutôt mon surnom… Juste avant le poste ravitaillement, j’aperçois Laurence, Anne-So, Manonn et Denis, venu à ma rencontre… super cool !!!!

 

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 Je vais recharger les bidons, boire un coup, manger et je retourne discuter un peu avec eux, une soupe la main… ils m’encouragent et de mon côté, vu l’heure, je suis quasi certain d’atteindre mon objectif, sauf blessure… Je repars après les avoir remercier une nouvelle fois, regonfler à bloc !!!  Mais j’arrive à rester lucide pour ne pas m’enflammer… Après la belle bosse entre Chaville et Ville d’Avray, on arrive assez rapidement vers Marne la Coquette… cela marque l’entrée dans le Parc de St Cloud et donc… la dernière partie de la course… Là, à la nuit tombante, j’ai un vrai coup de bien… Je mets le frontale et accélère le rythme… Il faut dire aussi, qu’il y a un profil relativement descendant pendant un petit moment…

Moi

 Cette année, ils on mis une sacrée patate pour arriver au dernier poste de ravitaillement… Elle fait un peu mal celle là… Un coca ou deux, remplissage des bidons, 2 -3 cahuètes, 1 tuc et 1 morceau de fromage plus tard, me voilà reparti direction la Grande Dame que l’on aperçoit au loin… Mais là, les jambes sont dures !!!  Je paye mon accélération de tout à l’heure… Tant pis, y’a plus qu’a serrer les dents pour les 10 derniers km…

 Comme d’hab, ces km ne sont pas les plus glamours… Nous sommes sur les trottoirs.. Mais pour égayer cela, les organisateurs nous ont pondu une dernière petite bosse,  vers Meudon… Là, mon Espagnol me rejoint et me passe… moi, je gère… enfin, j’essaie…

 Nous redescendons au niveau de la Seine pour emprunter ensuite l’Ile St Germain et son parc… à je rejoins mon pote espagnol… il prend ma roue et puis soudaint, pff, je ne sens plus le halo de sa frontale dans mon dos… il a explosé en plein vol… dommagen ça aurait sympa de finir « ensemble » après 35-40km en commun ou presque…

 On rejoint les quais au niveau du Pont d’Issy et là, c’est long, long… je me force à ne pas regarder mon compteur trop souvent pour ne pas me décourager… De leur côté, les automobilistes doivent bien se fendre la poire en nous voyant courir, la tronche de travers !!! C’est comme ça jusqu’au Pont de Grenelle… Heureusement que l’on sens la Tour Eiffel des rapprocher, ça aide…

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 Nous empruntons l’allée des Cygnes pour arriver sur le Pont Bir Hakeim..  Je reçois alors un texto de Sandrine me disant qu’il était au pied de la tour… au passage, merci les montres connectées car mon téléphone était au fond du sac…

 J’arrive alors Pont d’Iéna… et là, une star !! La circulation est arrêtée pour nous faire traverser et entre 2 piliers de la Tour, nous courrons sur une estrade, sous les applaudissements de la foule en délire… Je récupère mon ticket pour les escaliers et, juste avant d’entrer dans le pilier, je vois Sandrine et les enfants… Un petit coucou, une main tendue… le bonheur… Je rentre dans le pilier et là, c’est le kiff… C’est LA raison pour laquelle je me suis inscrit cette année (il y a 2 ans, l’arrivée était au Torcadéro)… Je profite, je crie ma joie (« On y est les gars !!! »)…. Avec l’euphorie, je monte les marches 2 par 2 et d’un coup, le 1er étage…l’arrivée… 08h26 !! Objectif atteint et même explosé… Je suis ange… Je regarde le classement : 262ème… 2ème effet kiss-coooooo!!  Je récupère mon t-shirt et ma médaille puis je me dirige vers qui ressemble fortement une pompe à bière… et je m’y connais…

Donc, là, si vous assez bien suivi, je vois une bière au 1er étage de la Tour Eiffel, après une course de 80km sur laquelle j’ai atteints mon objectif…

Je crois que je suis content…

 

T_Shirt

Tour_Eiffel

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02 mars 2016

Bienvenue dans la Vallée de l'Yerres... (Parcours 33km / 300mD+)

Depuis le temps que je l'arpente celui-ci, le voici enfin en détail... Un parcours sympa, entre champs, forêt et bord de rivière... très seine-et-marnais en fait... 
 

T_33_300_Yerres

 

Lieu : Vallée du Réveillon et de l’Yerres (77-91-94)
Distance : 33,5 km
Dénivelé + : 300m (Suunto Ambit 3 Peak)
Difficulté: Basse
Lieu de départ: Parking de Pyramide, Résidence du Réveillon, Lésigny -77)
Testé par l’auteur: Oui

Accessible également en VTT… 1 portage au km 14

Exports:
Carte 1:25000: T_33_300_Yerres 
Trace GPX (compressée) T_33_300_Yerres
Trace KML (Compressée) T_33_300_Yerres__2_
Fiche du parcours (pdf): Parcours_P5

 

 

 

 Km 1.5 :  Au niveau du Centre commercial du Parc, prendre la route à droite en direction du Golf du Réveillon Suivre le chemin qui vous fait traverser le Golf…. Au croisement, prendre en face le chemin agricole qui vous emmène dans la zone industrielle de Brie-Comte-Robert

Km 5.5 : Traverser la zone industrielle puis direction Gregy-sur-Yerres, soit en passant par le Château, soit par le Chemin des Roses…

 Km 9 : Quitter la route D50E pour le sentier en face. Descendre jusqu’au Pont de Romains, puis remonter sur Evry-Les-Chateaux (en quittant le GRP)… avant de redescendre vers un autre pont, le Pont d’Evry

Pont_Des_Romains

 Km 13 : A Grégy, récupérer le GRP des Vallée et Foret Briardes, qui ramène aux portes de Brie-Comte-Robert… Passer au dessus de la N104 et continuer à suivre le GRP (bien fléché) jusqu’au Moulin du Breuil, à l’entrée de Combs la Ville.

Evry

 

Km 21.5 : Au carrefour de plusieurs sentiers, prendre à droite et longer une grande prairie de chevaux jusqu’ à Varennes-Jarcy… puis reprendre le GRP…

Km 24 : Attention au petit chemin qu’il faut prendre sur la droite dans la descente vers Boussy…Varennes

 

Km25 : Descendre au bord de l’Yerres par un « escalier » puis remonter sur Mandres-les-Roses… On se trouve maintenant sur le GRP de la Ceinture Verte de l’Ile de France…

Celui mène, à travers les roseraies, à Servon. Quitter le GRP pour reprendre, à sortie de la ville, un chemin agricole qui mène dans la forêt de Notre Dame…

 Km30 : Plus que 2 km à travers un large chemin en sous bois et c’est l’arrivée…

 

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01 février 2016

Une Sainté, sinon rien

 

Affiche 2016

 

J’vous ai pas raconté, j’ai participé à ma 1ère Sainté !!!!
On a pris la décision avec Bruno après le semi de Meaux… c’est une belle façon de finir l’année…

 

 

 

Bruno l’a déjà couru 2 fois, dont l’année dernière... de mon côté, c’est le côté entièrement nocturne (ou presque) qui m’a fait envie alors j’ai dit banco…

Pour la prépa, j’ai fait ça sur l’élan de la saison (préparation de la TDS pour l’endurance, celle du semi de Meaux pour la vitesse). Pas de spécifique donc, si ce n’est un gros WE 2 semaines avant (70km à pieds et 70 en vélo en 3 jours)

Le parcours et le profil

 

D’un point de vue logistique, c’est pratique et pas fatiguant : TGV au départ de Marne La Vallée jusqu’à Lyon Part Dieu… ensuite, l’organisation fait le reste. Pas forcément économique à 4 mais pas fatiguant, surtout le retour !!!

Nous arrivâmes donc à Lyon et à la Halle Tony Garnier en mileu d’après-midi pour récupérer notre dossard. Ensuite, sans trop trainer, nous avons pris la navette direction St-Etienne… on installe alors nos affaire dans le parc des expo et nous nous rendons à la pasta party…il y a un peu la queue mais rien de bien méchant vu le nombre de participant (plus de 6000 sur le 72 km solo plus ceux qui font le relais)…

Bruno tente de dormir...

Le ventre plein, nous préparons notre sac et… tentons de dormir. Mais  entre le bruit et les odeurs (crème à l’arnica…) c’est pas facile… mais l’important est de se reposer

Vers 23h, nous commençons à nous préparer. Nous déposons nos sacs que nous retrouverons à l’arrivée dans les camions et prenons place tranquillement sur la ligne de départ…

Bruno et moi

Moi et Bruno

Bruno et moi

 

L’année dernière, Bruno avait mis 9h30 dans des conditions pas faciles du tout… cette année, vue que les conditions sont idéales (terrain sec et température cool pour un début décembre), on s’est dit qu’on allait tenter les 9h

 Quelques minutes avant le départ, nous rendons hommage aux victimes des attentats du 13 novembre avec une minute d’applaudissement… et puis une Marseillaise spontanée retentît… émotion palpable…

 Minuit, c’est parti… devant, ça part comme pour un semi… nous, on se cale entre 10 et 11 km/h, voire un peu au dessus… faut dire que les 1er km se font sur route, le temps de sortir de St-Etienne…

 Les sensations sont pas mal, même si (comme souvent sur du long…) je me demande dans quoi je me suis embarqué !!!

 

Au km 10 arrive la 1ère bosse sur un chemin plus étroit. Je la passe en trottinant et me frayant un chemin… mais en me retournant, plus de Bruno, ni de Dominique !!! Je fais une pause en haut mais en me retournant, à part prendre toute les frontales dans les yeux, je n’y vois rien… je continue donc jusqu’au 1er ravitaillement de St-Christo en Jarez   . Normalement, je ne devais pas m’y arrêter mais j’y passe, en me disant que le temps de remplir mes gourdes, mes 2 compères vont arriver… je regarde partout mais je ne les vois pas… de décide donc de repartir seul (on a du se rater de quelques secondes…)

 C’est donc parti pour 60km seul… enfin seul… c’est rarement le cas sur une Sainté… c’est le seul défaut, on est un peu nombreux…

 Les sensations sont vraiment pas mal… mais la vitesse n’est pas très élevée (à peine 8-9km/h), les 9h vont être difficiles à tenir si on prend en compte que le départ en ville était roulant et que la fatigue va arriver, fatalement

 Mais bon, on y va gaiement. Le ravito de Ste Catherine arrive… je remplis les gourdes, prend quelques trucs à manger à la volée que je mangerai en repartant tranquillement. Côté physique, pas de problème… J’avais peur que les même ampoules qu’à la TDS ne viennent m’embêter mais pour l’instant rien (j’ai mis des protections quand même, pas folle la guêpe…)

 Là, j’ai un vrai bon moment. Je monte bien (en marchant tout de même) et les descentes, mon point faible, passe bien également sans trop taper dans les cuisses !!!

 Au sortir du ravito de Soucieu, ca devient un peu plus dur et les températures sont  un peu descendues (en dessous de 0°C) … mais ca gère… j’ai tiré un trait sur les 9h et je profite de la nuit claire, du spectacle des frontales devant et derrière et bientôt du lever du soleil sur les monts du Lyonnais… superbe…

 Le dernier ravito de Chaponost se présente… il fait jour… les têtes sont un peu lasses… avant de repartir, beaucoup demande combien de côtes il reste à franchir… pas beaucoup a priori mais une très difficile et aussi … des escaliers à descendre à 2km de la ligne… les tortionnaires !!!!

 Quand je vois le panneau « Arrivée 10km », je me rends compte que les 9h ne sont pas si loin… je relance donc un peu l’allure… jusqu’à me retrouver au pied de la bosse de la Muletière… ça calme !!! je me penche en avant, les mains sur les genoux et en avant Guingamp, c’est parti… Je la monte sur un bon rythme (que je penseJ) mais là haut, j’en mène pas large, j’suis touché… surtout qu’on n’était pas en haut, c’était juste un petit répit… Allez, c’est reparti… Les derniers km, à part les escaliers à descendre, sont assez roulant..  J’accélère pour tenter désespérément d’accrocher les 9h, je finis même au sprint… à 13 à l’heure… Ca y est, c’est fini…dans le temps officiel de 9h00 et 43’ !!! Presque !!!

Les 9h n'étaient pas loin...

 Mais ce n’était pas le plus important… j’ai bien gérer la course, sans trop de bas… c’est une course à faire, car mythique…et c’est avec une certaine fierté que je récupère mon t-shirt de finisher… Bruno arrivera en 9h45 et Dominique en 9h55…

Mes temps de passage

Bon, OK, Strava est toujours un peu généreux avec le D+

 

 Une bonne douche, une (autre) pasta party et nous voilà dans le TGV direction Marne La Vallée

La fin d’une belle saison par un bien bon WE entre potes sur une course sympa … what else ?

 

Rendez-vous en 2016…

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22 novembre 2015

Et puis il me vint une idée... la Seine et Marne en Vélo...

J'avais déjà tracé cet itinéraire sur une carte, comme ça, pour voir... Et puis l'idée à fait son chemin comme on dit...

Parceque j'aime bien les grandes balades en vélo et que depuis plusieurs annéees, je découvre sans cesse de nouveaux lieux... et que chauqe intersection est une invitation à décourvrir encore et encore... Alors bien sûr, la Seine et Marne n'est pas le département le plus glamour de France... mais c'est le mien et il a ses charmes et ses secrets. Tiens par exemple, saviez vous que c'est le département français qui a le plus voisins :  le Val-d'Oise, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et l'Essonne à l'ouest, le Loiret et l'Yonne au sud, l'Aube et la Marne à l'est, l'Aisne et l'Oise au nord.

Fontainebleau

 

Bon, revenons à nos moutons... 

L'idée ? Faire le tour de la Seine et Marne en vélo, en collant le plus possible à ses frontières... sans jamais les franchir... 

J'ai pensé à plusieurs formules: en solo (c'est ce que j'aime !!) et relais et pourquoi pas, si des gros rouleurs sont tentés, en "Course contre le Soleil"... cette dernière idée m'est venu en suivant les aventures du Team Asics Trail lors de leur course "Beat the Sun" autour du Mont-Blanc... Partir au lever du soleil... et tout donner pour arriver avant qu'il ne disparaisse... Beau challenge non ?

Quelques uns de mes contact Facebook m'ont déjà fait part de leur intérêt, voire plus, pour le projet... alors pourquoi pas. Nous allons également en discuter au sein de mon club, le Team Bussy Cycliste pour voir qui serait partant, autant pour rouler que pour m'aider dans l'organisation... A ce sujet, toutes les petites mains seront les bienvenues car ça sera une première pour moi... 

Attention, cela se sera en rien un BRM, une rando sportive et encore moins une cyclosportive... juste une balade entre copains, amoureux du vélo.. L'organsation se chargerait de l'assistance, des ravitaillement, du transport des relayeurs.... Beaucoup de modalité reste à définir en fait...

Le 1er jet de cette aventure fait quelques 535 km pour un peu plus de 3500m de D+ (et oui, c'est plat par chez nous...). Mais quelques reconnaissances vont forécement s'imposer... avec les modifications qui iront avec.. Mais pour l'instant, voici ce que cela donne (et ici, le lien openrunner)

Carte

 

Ah oui... la date ??  et bien en Juin ça serait bien, le WE du 19 serait même parfait... 

A très bientôt pour la suite... ici même ou sur ma page Facebook 

 

Posté par Tchouch à 10:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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