J’en avais entendu parler, mais depuis que j’ai lu le compte rendu de Laurent sur ses expériences passées, il était clair que j’allais participer au Défi des Fondus de l’Ubaye un jour… très prochain. Seul hic, on était à l’époque en octobre et je venais de rentrer des Cimes du Lac d’Annecy, où j’avais pris la flotte pendant 6h. J’avais dis : j’y vais s’il fait beau, donc je m’inscris au dernier moment…

Mais en rentrant de la Time, début Juin, je ne peux plus attendre et je m’inscris sur le parcours de 5 cols (220km et 5300m de D )… en croisant les doigts. Dans la dernière semaine, je regarde tous les jours la météo : ça devrait aller !!

Vendredi 28 Juin : départ 7h de Lésigny et c’est parti pour 750 km. Papa est une nouvelle fois de la partie. On se relaie au volant et nous arrivons sur les coups de 16h à Barcelonette. Récupération de la plaque dans une ambiance qui n’a rien à voir avec celle des quelques cyclosportives auxquelles j’ai déjà participé. On dirait que tout le monde se connait. Nous partons nous installer au Gite Tranqyl, recommandé par Laurent et je vais me dégourdir les jambes en grimpant jusqu’à la station de Pra-Loup, soit une vingtaine de km aller-retour. La transmission a dû bouger pendant le voyage, rien n’est plus en place. Demain pendant 12h, ça va pas le faire !! En redescendant, je m’arrête au magasin Bouticycle de Barcelo et un des 2 jeunes qui tient la boutique me remet ça en ligne en un rien de temps !! Merci les gars

 

0barceloLa vue depuis le PC de Barcelonette. Y'a pire non ?

19h30 : Briefing au PC course, pour les recommandations d’usage (mais importantes) : respect du code de la route, de la nature…

20h30 : nous dinons au gite, et nous partageons la table avec 6 autres participants. Steven tentera les 7 cols, Denis aussi… peut être. Quand aux autres, cela sera entre 4 et 5 selon la forme.

21h30 : tout le monde au dodo car réveil à 04h !! Je m’endors assez vite.

Samedi 29 Juin, 03h50 : Aie, le réveil. Christian, notre hôte, s’est levé avant nous pour nous préparer le petit dej ! Merci.
Je pianote mon Iphone, qui m’annonce qu’il fait 4°C dehors ! Nous sommes à 1130m d’altitude, et nous devons monter, au moment du lever du soleil, à 2108m. Comment s’habiller ??!!!

Je suis les conseils de mes collègues et je pars ainsi :
En haut :
- Sous-Vêtement thermique hivers, auquel j’ai coupé les manches
- Haut d’été
- Veste coupe-vent sans manche
- Manchette
- Sous-gants et gants

En bas :
- Sur-Chaussure
- Cuissard cours
- Genouillères jusqu’à mi-mollets

05h30 : pointage de notre carte et à 05h39, le départ est donné. Ca caille !!!! J’aurai du mettre des gants hivers !! Plusieurs petits groupe se forment, je suis dans le 3ème je crois. Stevan (que je n’ai pas reconnu) me double avec 3 autres gars et me ramène dans le 1er groupe. Merci !

1er col de la journée : Vars, 2108m. Depuis Barcelonette, il totalise 30 km pour 1000m de D+ mais l’approche est très facile jusqu’à St Paul Sur Ubaye. Ensuite, sur les 9 derniers km, la pente se cabre franchement pour être entre 8 et 9% de moyenne !! Ca réchauffe et ça gère comme qui dirait; j’atteins le sommet en 01h31. Il fait vraiment froid (2°C !!). Je glisse un journal sous mon maillot et je me lance. Dans la descente, je regrette encore une fois de ne pas avoir de gants hivers. Pour le reste du corps, ça peut aller, sauf le bout… du nez :) .Je ne suis déjà pas bon en descente mais là, frigorifié, c’est encore pire !!

En bas, au feu rouge, nous sommes deux pingouins à nous taper les mains sur les cuisses pour les réchauffer !! En même temps, nous tournons bientôt à droite pour attaquer la monter vers la station de St Anne (ascension sui remplace celle du Col de Larche, interdite aux vélos à cause des éboulements).

2Contamide

La station n’est « qu’à » 1840m mais ça monte à 9% pendant 7 km !!! Le soleil commence à arroser la montagne, la vue est splendide. Nous ne sommes même pas aux 2h de courses, donc la difficulté n’est pas insurmontable… mais mes intestins semblent faire des leurs : le froid ? le petit-dej ? A suivre...

J’atteins le sommet en 30’40. Je reprends mon rituel (remise en place des manchettes, enfilage du coupe-vent) et hop, c’est parti pour une descente sinueuse, dangereuse par moment avec les affaissements de la route et nous nous dirigeons à 3 vers le ravitaillement de Jausiers

Là, je prends mon temps de bien me restaurer car c’est 2h d’efforts qui m’attendent. Sandwiche pour le salé, Coca et pain d'épice pour le sucré, remplissage du bidon et hop ! c’est parti.

Cela sera ma deuxième ascension de la Bonette. C’est long (23km) mais assez régulier avec des pourcentages régulièrement compris entre 7 et 8%. Plus de soucis aux intestins, j’avale les 1er km (les plus faciles) jusqu’à Lans assez tranquillement !! Ensuite, je passe le 30-23 et je mouline, je mouline. Ce col me parait beaucoup plus long que la première fois.

Papa tente de m'appeler. Lui "Allo, t'es où?"; Moi "Dans la Bonette"...bip bip bip
Je tente de rappeler, le dérailleur dans une main, le téléphone dans une autre, le tout à 8% de  pente: j'abandonne

5 minutes plus tard: Dring. Lui "Allo, t"es où?"; Moi "Toujours dans la Bonette"... bip bip bip. J'espère qu'il a entendu car je ne joue plus les funambule !!!

Dans mes souvenirs, la pente s’adoucissait au niveau du Lac mais non, c’est là que c’est le plus sur (en plus, on a largement dépassé les 2000m) : 2 km à plus de 9%. Là, un gars me double, avec 2 prothèses à la place des tibias !! Je le croiserai régulièrement ensuite. Respect total !!! Une fois passée la caserne de Restefond, la pente s’adoucit fortement (3-4%) jusqu’au Col de Restfond (2715m). Mais le point de contrôle est là haut, à 2802m, sur la route de la Cime : il reste 1 km à plus de 10%, inhumain !! Je m’y hisse au bout de 02h05’ d’efforts, à 11 de moyenne.

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Je ne m’attarde pas en haut, je fais composter ma carte et descend un peu à la rencontre de Papa. Ca caille, et il y aura vent de face dans la descente. Cette fois çi, je mets mes gants hivers, je mets en place le journal et c’est parti. Je me rend compte, encore une fois, du luxe d'avoir Papa qui me rejoint régulièrement. Sans, j'aurai sans doute embarqué un sac à dos donc du poids supplémentaire... 

La descente est belle, la route est nickel et je sens que je prends confiance. Je prends même un certain plaisir dans les courbes...

Il y a un truc de super sympa dans ce type d’épreuve : tous les mecs qui descendent ont un geste ou une parole d’encouragement pour ceux qui sont encore dans l'ascension !!

Au niveau du Lac, je suis arrêté par un (premier) troupeau de moutons. C’est le début de la transhumance.

 

 

Nous arrivons à 3 en même temps en bas de la descente à Jausiers et attaquons les 9 km qui nous séparent de Barcelo avec le vent de face. Ca tourne, un peu ( !) avant qu’un groupe un peu plus important ne revienne sur nous pour la fin de (seul) bout droit de la journée.

Passage obligatoire au PC course, puis direction le 2ème ravitaillement, à Uvernet, sur les premières rampes du Col de la Cayolle.

Je prends bien mon temps (13’) pour me restaurer, me préparer pour la 4ème ascension. Il fait bon ici (22°C) mais ça doit toujours cailler là-haut !!

Je repars du ravito en même temps que 2 autres gars. Nous faisons les 4-5 premiers km ensemble avant que le 1er ne lâche prise. Le 2nd lâche un peu plus haut, avant de revenir puis me déposer. Je le reprends quand il subit un saut de chaine: il la remet en place, revient sur moi et repart encore. Je ne m’accroche pas, et décide de monter au cardio (150 maxi) : ce col est très long (>23km) et ce n’est pas le dernier de la journée… Je l’ai en point de mire une bonne partie de l’ascension. A 6-7km du sommet, la pente s’accentue (7% de moyenne). Je reviens sur mon compagnon et un autre qu’il avait repris entre temps. Je sens quelques gouttes de pluie, mais rien de méchant. Pourvu que cela tienne !!!

J’atteins le sommet du Col de la Cayolle (2326m) au bout de 01h49 d’effort. Toujours du vent, heureusement que nous sommes en début d’après-midi et que la température est un peu montée.

7cayolle

8cayolle (2)

 

Toujours le même rituels en compagnie de Papa, et je repars. Je m’aperçois que j’ai « perdu » la FC sur mon Polar. J’ai dû m’éloigner trop loin du récepteur !! et merdre. Je monterai le Col d’Allos aux sensations. La confiance dans les descentes est arrivée et c’est vraiment sympa. 2-3 voitures me laissent gentiment passer… La visibilité est bonne et on peut prendre de belle trajectoire. Ça se gâte un peu quand on entre dans les gorges du Bachelard…. Et je suis une 2ème fois interrompu par un troupeau de moutons !!!

Je m’arrête de nouveau au ravitaillement de Uvernet avant d’attaquer le dernier col de mon périple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au bout de 12’, c’est parti pour le Col d’Allos, 16km à 6.3% de moyenne. J’ai 2 gars en ligne de mire mais ils s’envolent… Je n’ai plus de cardio et ce n’est pas évident de gérer sans mais bon en même temps, au bout de 10h, c'est plus la tête qui commande :) Passé la 1ère rampe de 7km, il y a (tout) léger répit au niveau du hameau des Agneliers. Tiens, les moutons ne sont pas sur la route…

Le pente repart ensuite de plus belle (10km à 7%) et je reviens d’abord sur mon collègues de la Cayolle (et un autre gars) puis sur le 2 vus en bas. Sur les 2 derniers cols, j’aurai repris pas mal de gars, je suis content, je ne suis peut être pas un si mauvais grimpeur que cela. En même temps, 3 des 4 gars que je viens de reprendre tenteront les 7 cols, donc ils gèrent surement plus que moi dans cette ascension.

J’atteins le sommet (2250m) en 01h30.

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Dans la descente, je suis de nouveau bloqué … par les moutons… et pas un petit troupeau.

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Plusieurs centaines de bêtes (plus des ânes et des brebis). Nous nous calons dans la roue d’un gars du coin qui descend avec nous et il nous ouvre la route au milieu des bêtes… Nous reprenons notre descente. Les 2 premiers du groupe descendent vraiment fort et nous collent 200m en très peu de temps. De mon côté, je me fait une petite frayeur en coupant un peu trop un virage alors qu’une voiture en sortait un peu large…

Il ne reste plus que quelques hectomètres pour en finir.

Ca y est, c’est fait. 210 km en 11h59 au total (dont 01h10 de pause). J’avoue que j’ai hésité à partir pour les 7 colis et ses 110 km supplémentaire. J’ai hésité 1 seconde quand 1 de mes compagnon de descente m’a demandé « tu fais quoi ? » :)

Je suis donc un maître de la confrérie des fondus de l’Ubaye… et fier de ça !!!!!

Quelques-uns de mes compagnons de la chambre d’hôtes en finissent eux avec le parcours de 4 cols. Je les ai croisés régulièrement dans les descentes alors qu’ils grimpaient encore.

Nous allons fêter cette aventure avec Papa en buvant une petite mousse bien méritée avant de rejoindre le gite.

Au diner, il manque Stevan, parti sur le 7 cols et qui finira vers 23h. Nous autres, nous refaisons notre journée (quel froid dans Vars !!!!)

22h : Dodo car nous partons à 06h demain matin, la famille LEMAITRE se réunit pour son traditionnel barbecue !!

Je reviendrai un jour et cette fois-ci, je partirai sur le 7 cols. Il y avait une ambiance vraiment sympa, complètement différentes de celle des cyclosportives. Les uns avaient toujours un mot ou un geste d’encouragement pour les autres, les bénévoles étaient gentils et serviables. En plus, dans une région comme celle-ci et sous le soleil, c’était un pur bonheur.

A bientôt