Un an. Un an que j’attendais de revenir à Barcelonnette et dans la vallée de l’Ubaye, la plus belle du monde !!!

Vendredi 27 Juin,  vers 17h, me revoilà, nous revoilà (avec Papa) devant la salle des fêtes de « Barcelo » pour prendre part au 12ème Défi des Fondus de l’Ubaye avec  pour objectif, cette fois,  les 7 cols…

Preuve que j’étais impatient, j’ai le dossard  N°2. C’est dire si je me suis inscrit tôt. Le N° 1 aurait été pour notre ami Lolo, qui a finalement décidé (à raison) de se reposer …

A notre arrivée au Gite Tranqyl, je rencontre (enfin) Laurent Lespagnol et Karl Coudre, 2 amis Facebook. C’est grâce à Laurent que j’ai eu envie de faire de le DFU !!!  Comme quoi les réseaux sociaux permettent de sympathiques rencontres !!!

Départ

 

Après  notre installation, je vais me dégourdir les jambes en effectuant mon traditionnel pèlerinage à Pra-Loup, comme l’année dernière. Une petite balade qui me permet de me mettre dedans et de me réhabituer (il était temps !!) au coup de pédale en montagne. Du coup, je manque le briefing d’avant course et surement d’autres belles rencontres…. Partie remise, hein Patrick ? :)

Au diner, retrouvailles avec nos sympathiques hôtes Elizabeth et Christian, avec Denis et Ghislaine, rencontrés l’année dernière. Denis tentera les 5 cols, à la cool. Ghislaine, blessée, jouera l’accompagnatrice… Dommage.
Il y a aussi Jean-Michel, Nathalie, Philippe et d’autres encore autour de la table pour une pasta parti amicale.

22h00, dodo car demain, c’est petit dej à 04h15 (merci Christian de te lever si tôt pour nous !!! :)

04h00 donc, réveil hop, je saute dans mon cuissard et direction le petit dej. J’ai quand même du mal à avaler mes 2 tartines… le café passe mieux…

05h00, nous quittons le gite pour le centre-ville de Barcelonnette et le contrôle départ. Il fait presque 10°C, ce qui est énorme comparer au 3-4 degrés de l’année dernière… Et le ciel semble dégagé pour l’instant. Papa dort encore et me rejoindra plus tard le parcours, au pied du 3ème col de la journée (la Bonette)

Je suis une nouvelle fois étonné (et enchanté) de l’ambiance amicale qui règne au départ. Les 300 participants annoncés ont tous la banane !!

IMG_2737

Je fais tamponner ma carte de pointage et rejoint Laurent et Karl sur la ligne de départ.

05h40 : c’est parti pour, normalement,  310 km et 7000m de dénivelé + !!!

Je laisse partir mes 2 compagnons dès le départ et prend un rythme assez tranquille (plus tranquille que l’année dernière en tout cas) dans le long fau plat qui nous mène à Jausiers puis à St Paul sur Ubaye. Le petit groupe dans lequel je me trouve reviens sur Denis et nous taperons la discute jusqu’à St Paul, qui marque le début des réelles difficultés du Col de Vars, qui culmine à 2108m d’altitude

Cette ascension se passe très bien, je pédale tout en souplesse et les sévères pentes des 5-6 derniers km s’effacent tout en douceur. Le soleil levant vient caresser les sommets au-dessus du col.  Magnifique !!!!

J’ai tellement eu froid l’année dernière dans la descente que j’ai pris mes précautions : gants hivers et sur-chaussure !!! Je rajoute un journal sur le ventre et c’est parti pour la descente vers la Condamine-Chatelard. Je suis toujours aussi mauvais en virage, donc en descente, le phénomène est accentué… mais bon passons, encore une fois :)

Arrivé à la Condamine, on tourne à droite direction la Station de St Anne. Cette ascension est courte mais très pentue. Et comme il n’y a que très peu de transition entre la descente et l’ascension, la remise en route est un peu plus compliquée.
Et comme l’année dernière, au même endroit, mon estomac se fait sentir… à suivre… Malgré cela, je gère cette ascension, toujours souple et au cardio (aux alentours 150) et au soleil :)

Au sommet, le rituel se remet en place : gant, manchette, k-way et journal. La route est défoncée et la descente demande la plus grande prudence.

Arrivée à Jausiers, c’est le 1er ravito. Papa me rejoint à ce moment-là. Les nuages étant apparus, j’en repars assez rapidement, n’éprouvant pas le besoin de me restaurer plus que ça (ça a du mal à passer et j’ai des réserves sur moi de toute façon) et voulant passer la Bonette le plus possible avant l’arrivée d’une éventuelle pluie…

Et c’est donc parti pour l’ascension de la Bonette-Restefond et ses 2802m d’altitude, ce qui en fait « la plus haute route d’Europe »… Mon estomac semble un peu un vrac mais la première grosse partie de l’ascension se passe très bien, sur 39-27 ou 39-28. Un peu avant le Lac des Eissaupres, je passe sur le plateau de 30, toujours pour être souple et en prévision du passage de la Caserne de Restefond.

De mémoire, je me sens mieux cette année que l’année dernière. Pour preuve, je ressens bien l’adoucissement de la pente après le Lac, alors que l’année dernière, rien … :)

Passé le Col de Restefond, il reste un peu plus d’un km pour atteindre le point haut de la route, avec une pente > à 10%. Ajoutez les 2800m d’altitude et les 22km de grimpette déjà effectués et vous comprendrez la difficulté de la chose. Là-haut, la vue est toujours aussi magique. Il faut que vous veniez voir !!!

GL281618

GL281609

GL281612

 

Dans la descente, je manque 2 fois de me retrouver par terre, en l’espace de 500m !!
La première fois en me retrouvant face à face avec une moto qui voulait doubler une voiture à la sortie d’un virage. Nos bras se sont heurtés, sans plus de conséquence qu’une belle frayeur et une insulte de ma part.
Puis, plus bas, c’est une rencontre avec un mouton !! Ils étaient sur la route (nous sommes en pleine transhumance) et ce con n’a rien trouvé de mieux que de prendre peur au moment où je passais… Il m’a heurté la jambe, sans me faire tomber. Par contre, lui, il s’est retrouvé les 4 fers en l’air !!!

Je passe au PC de Barcelonnette, envoi Papa m’acheter mes patins de freins (les miens sont morts) et je me dirige assez rapidement vers le ravito d’Uvernet.

Mais mon estomac est de plus en plus tourmenté. J’ai du mal à m’alimenter et à boire et commence à me dire qu’aller au bout des 7 cols va être compliqué (il reste 180km à parcourir). Je me force à manger quand même et attaque la (longue)  ascension du Col de la Cayolle (2326m). Je décide de baisser de rythme pour aller le plus loin possible…

Le col de la Cayolle est absolument magnifique !!!! Entre les gorges du Bachelard sur le bas et la forêt très fleurie sur le haut, c’est… beau, simplement beau !

Au sommet, le vent s’est levé et je ne traine pas. Mon estomac est toujours ballonné…  Il va bien falloir que cela sorte, d’un côté ou de l’autre… Je fais donc la descente en mode cool.

Au ravito d’Uvernet, j’arrive quand même à me restaurer un peu plus que tout à l’heure (fruit, coca, saucisson) avant d’attaquer le difficile col d’Allos (2250m).

GL281627

GL281629

GL281631

GL281634

Toujours en mode cool pour ménager l’organisme. Je gère, je gère mais ce col est difficile, avec des pentes très régulièrement au-dessus des 7% pendant 16 km… Les 5 derniers km sont encore plus durs car très ventés… Au sommet, je me sens toutefois un peu mieux !!!!  Il fait froid et je repars assez vite, en ayant une pensée pour les bénévoles au sommet de chaque col, qui nous ont attendus pendant des heures et des heures et jusqu’au bout de la nuit pour certains !!!

J’atteins de PC de Barcelonnette en environ 11h35, soir 25’ de moins que l’année dernière. Première victoire !!!

IMG_2745

Miraculeusement (ou pas) mon estomac semble allez mieux et je ne mets que quelques secondes à me décider de poursuivre l’aventure !! Un petit tour au petit coin finira de me soulager :)

Après une pause de 15’ environ, je repars donc, encouragé par Laurent, pour la boucle « finale » de 100km et les 2 derniers cols de mon défi. La descente (400m de D- en 25km) de Barcelonnette vers le Lac de Serre-Ponçon s’annonce un peu tendue avec le vent de ¾ face. J’y vais donc avec « précaution ». Mais je me sens mieux, presque bien malgré les 210 km déjà franchis

 Je savoure, je suis zen, dans la zone.

L’ascension (facile) du Col St Jean se passe nickel. Je prends quand même le temps de m’arrêter un instant pour prendre quelques photos du Lac de Serre-Ponçon. A 1km du sommet, je croise un petit groupe de 5-6 gars. Dommage d’avoir quelques minutes de retard…

Direction maintenant l’autre côté du Lac et le terrible Col de Pontis (1301m), en passant par le Sauze-du-Lac. Il fait bon, l’ambiance du soleil couchant est apaisante, je suis bien,  heureux. Déjà pour monter au Sauze du Lac, il faut grimper pendant 4-5 km avec de bons petits pourcentages. Quelques km plus bas, le Col de Pontis se présente enfin ;  je suis prêt,  je n’ai pas peur !!!! Même les 2 km indiqué à 10 et 12% ne me sont rien !! ou presque :)

Au sommet, je suis heureux et le fait savoir. Le plus dur est fait !!!! Il ne me reste « que » la remontée vers Barcelonnette à effectuer, soit un peu plus de 30km.

La descente est impressionnante ; route étroite, virages en  épingle très serrées, route abîmé… donc mains sur les freins…

Au niveau du Lac, c’est parti pour la dernière partie, éclairé par les phares de la voiture conduite par Papa… Je passe le 39 dents pour les 25 derniers km et jouerai du dérailleur jusqu’au bout.

 Je profite, je suis bien, je commence à réaliser… ou pas.

 A l’entrée de Barcelo, je croise le dernier concurrent !!! Il finira l’épreuve vers 05h20, soit presque 24h après le départ, après avoir fait quelques frayeur aux organisateurs…

Quant à moi, j’atteins mon graal à 22h16 après environ 16h30 d’effort. Je suis heureux !!!!

Dernier coup de tampon sur ma carte pointage, restitution de la plaque de cadre… et voilà, ça c’est fait. Je suis intronisé Grand Maître de la Confrérie des Fondus de l’Ubaye !!!

IMG_2749

Nous rentrons au gite (en vélo pour moi !) ou Christian nous attend  avec les gnocchis maison et ne bonne bière.

Il est temps d’aller dormir… ou d’essayer…

Le lendemain matin, nous nous retrouvons tous au petit-dej en nous remémorant notre journée de la veille. Certains repartent chez eux juste après. Denis, Laurent, Karl et moi iront à la remise des diplômes. L’occasion, entre autre, de saluer l’ensemble des bénévoles et Evelyne, la président de l’association des Fondus de l’Ubaye, pleine de pêche malgré ces dernières 24h sur la brèche.

Cette année, les Fondus auront au total récolté 14000€ pour la lutte contre la mucoviscidose. Voilà de quoi terminer ce week-end en beauté.