Et bien nous y revoilà… Un an après mon abandon, me voici donc de nouveau tout près du gros caillou pour prendre le départ de la TDS, sur les Traces des Ducs de Savoie, Ultra-Trail de 119km et 7000m de D+ entre Courmayeur et Chamonix !!!

 

Chamonix-MontBlanc

 Cette année, fort de mon expérience de l’année dernière et de quelques conseils, j’ai (un peu) changé ma façon de me préparer… j’ai moins roulé, moins couru… pour tenter d’arriver frais dans les jambes et dans la tête puisque c’est dans la caboche que cela se jouera parait-il …

 On a aussi travaillé l’assistance avec Sandrine… en plus d’être présente aux points « habituels » (Bourg, Le Cormet, Les Contamines), on a décider d’y rajouter le Col du Joly…Parce que c’est là que j’ai bâché l’année dernière, parce que c’est en fin de nuit et qu’une présence peut y être super utile…

On s’organisera donc ainsi, sachant que Papa et Maman sont de la partie aussi :
      - Bourg St Maurice : assistance par Sandrine
      -
Cormet de Roselend : Présence de papa et maman… pas d’assistance possible. Selon l’heure à laquelle j’arrive, Sandrine sera déjà partie vers le Col du Joly avec les bus mis en place par l’organisation
      - Col Du Joly: présence de Sandrine, au bout de la nui t:)

      -
Les Contamines : assistance par Sandrine si elle descend plus vite que moi avec les bus, sinon papa prendra le relais
      -
Ensuite : on verra bien !!!

 La journée du mardi est consacrée aux préparatifs : récupération du dossard, vérification du matériel obligatoire etc… Il risque de faire chaud et nous recevons plusieurs consignes pour ne pas négliger d’emporter de l’eau, de se rafraîchir dès que possible… du coup, avant de rentrer, je cours m’acheter une casquette saharienne… ;)

De retour au chalet, je prépare mon sac et le sac d’assistance puis il est vite l’heure d’aller se coucher pour (tenter de..) dormir un peu… Je suis stressé mais en même temps serein… difficile à expliquer mais c’est déjà mieux que l’année dernière… 

Sac

 

(NDRL: à partir de d'ici, en bleu (ou en italique pour la version mobile...) vous pourrez également lire le récit de Sandrine, ma formidable femme, qui a assuré mon assistance... Amusant et surprenant de se rendre compte que, selon les moments, les sentiments sont les mêmes..  ou complètement différents !!! )

Le mardi 23 Août :
1/ On accompagne Monsieur au retrait des dossards, on fait tamponner sa contremarque transport.
2/ On aide Monsieur, on fait le sac assistance, on revoit ce qui va être utile à tel ou tel ravito.
3/ Je fait mon sac pour tenir toute la course : de quoi boire, manger, lire, avoir chaud (plaid, chaussette de ski, pull..), un siège car tout est ok pour les coureurs mais rien pour l'assistance, alors il faut tout prévoir.
4/ Essayer de se coucher pas trop tard

 

02h30, le réveil sonne… je tente tant bien que mal de prendre un petit dej puis nous voilà parti (avec Sandrine, la pauvre…) vers Les Houches pour prendre le car…

 

Le mercredi 24 Août :
Debout 3h, il faut accompagner Monsieur à l’arrêt de bus les Houches à 30 minutes des Contamines. 4h05 le bus part, c'est parti!

 

 

Car

 

 

05h00 : nous arrivons à Courmayeur… je trouve un place pour patienter et finir de me préparer… Un dernier petit pipi et je me place sur la ligne… On sent l’émotion monter petit à petit jusqu'au départ… Bon voyage !!!

 

 

 

 

 Je rentre, impossible de dormir; le sommeil finit par avoir raison de moi vers 6h30, réveillée à 8h30. On regarde le Livetrail.
Petit dej tranquille, on prépare à manger, on vérifie le sac, on charge la voiture avec le sac de Monsieur ( ne pas l'oublier !), mon sac, la glacière... On regarde le Livetrail.

J’ai décider de partir beaucoup moins vite que l’année dernière avec pour objectif d’arriver le plus « frais » possible à Bourg St Maurice pour attaquer la terrible montée jusqu’au Passeur, en plein cagnard…

Nous courons dans les rues de Courmayeur devant de nombreuses personnes déjà présentes malgré l’heure… En même temps, avec la musique et le bruit que l'on fait, dormir est un exploit :)

Et bientôt, à Dolonne, la route se transforme en chemin et direction Maison Vielle, 700m plus haut… Ca se passe bien, ce n’est pas trop pentu… Sur les 2-3 dernier km, je discute avec David… on ne se quittera presque plus jusqu’à Bourg… Une belle rencontre…

Dire que je suis parti prudemment est un euphémisme… quand, peut avant le col, je me retourne, je ne vois … personne ou presque… je dois être dans les 50-100 derniers… mais j’men fous...

Passé le Col Chécrouit et Maison Vielle, il y a quelques embouteillages car le chemin se transforme en single…

La progression est régulière jusqu’au Lac Combal où est situé le premier ravitaillement…. La descente qui a précédé s’est bien passée, sans trop taper dans les cuisses… par contre, j’ai eu un peu de mal à relancer sur le plat ensuite…

Je refais le plein des gourdes et remplis ma poche à eau (elle était vide au départ) car le prochain ravitaillement est dans 20km… ne pas faire les mêmes erreurs que l’année dernière !!!

Je mets ma casquette et en avant Guingamp, direction le Col Chavannes, point culminant du parcours avec 2592m… La montée n’est pas très technique et la pente n’est vraiment sévère que sur les derniers 150-200m de D+…

Je passe le sommet avec David… il est 10h20 et malgré l’altitude, on sent déjà la chaleur… par chance, il y a un léger vent qui nous rafraîchit un peu…

Nous attaquons la descente ensemble… puis je prends un peu d’avance, en faisant bien attention à être le plus souple possible… cette descente est longue, roulante et si on ne fait pas attention, on envoie du pâté et les cuissots sont bien attaqués en bas…

Alpetta

A chaque torrent que nous voyons, des coureurs se mouillent les bras, les jambes, la nuque, la casquette… Ca commence vraiment à chauffer…

 

Départ 11h15 avec mes beaux parents pour Bourg Saint Maurice. (2h de route). On pique nique en encourageant les coureurs et en observant les parapentes.
On regarde encore le Livetrail, eh oui on ne fait que ça, c'est le seul moyen d'avoir une estimation des temps de passage. On range le pique nique et l'on va au ravito, on oublie pas la carte qui permet de rentrer sinon pas d’assistance. Et on attend, on encourage, on regarde l'heure car la prévision du Livetrail est dépassé. Pas trop d’inquiétude car je sais que steph veut commencer doucement, mais bon barrière horaire à 17h

 Bourg

On attaque ensuite la remontée vers le Col du Petit St Bernard… Rien  de bien difficile encore une fois mais je me refuse à hausser le rythme et profite du paysage, magnifique …

LacVerney

J’atteins le Petit St Bernard 13:20 et en repart 10’ plus tard, en compagnie de David que j’ai retrouvé au « bar »… j’ai bien pris soin de faire le plein d’eau même si cela ne va faire que descendre … A ce moment là, j’ai 1h d’avance sur la barrière horaire… je ne la voyais pas si proche quand même… elle va me poursuivre un bon moment à partir de maintenant … ce n’était pas forcement prévu mais bon, on est venu pour en ch… non ?

La descente est longue (16km et 1400m de D- !!!) et la deuxième partie, à partir de St Germain, est un peu plus technique que ce que nous avons eu jusque là… L’année dernière, mes pieds avaient commencé à y chauffer sérieusement… mais, là, ça va, je ne les sens pas du tout… un bon point !!!

Nous arrivons (toujours avec David) à Bourg St Maurice à 15h50 après 9h50 de course… il fait 35°C !!!!!

Ça y est, je l’aperçois, vite je vais à l'espace assistance, présente mon carton, cherche un espace pour qu'il puisse s'asseoir ( ce qui n'est pas simple).

 Sandrine m’attend à une table et s’occupe à merveille de moi… je n’ai qu’à manger !! Elle remplit mes bidons, ma poche à eau, me tend mes affaires de rechange, me fais penser à regarder l’état de mes pieds … …. Je fais aussi la connaissance de Delphine qui me propose de partager son ravito, on échange quelques mots... encore une belle rencontre…

Ravito_Bourg (1)

 

 Je prépare tout, boisson, nourriture, vêtement de rechange. On voit l'état d'esprit, s'il y a des petits bobos à soigner, tout est ok, le moral, le moral, le corps parfait. On sympathise avec une coureuse. Steph repart, on se retrouve au Cormet de Roselend

Ravito_Bourg (2)

Ravito_Bourg (3)

Je me change (la chance d’avoir une assistance !!!) et je repart 30’ plus tard, toujours avec David qui a été « obligé » de m’attendre (chut, c’est un secret…) et nous voilà parti pour Le gros morceaux… 11.5km et 1900m de D+ jusqu’au Passeur de Pralognan… avec le soleil de face…

On a du temps, donc petite pause dans un bar car je ne vous ai pas dit il fait 35°. Beaucoup d'abandons.
On reprend la route (30 minutes), on en profite pour aller voir le Lac qui est un peu plus bas que le ravito, c'est magnifique !!

Lac_Roselend (2)

Pour se garer c'est un peu galère. On prend des photos, on attend, on encourage, on mange. J'analyse la nourriture de steph dans son sac ravito afin que son père ait tout, si jamais je ne suis pas à l’assistance des Contamines. Je me renseigne pour le bus que je dois prendre à 21h15 car risqué de prendre celui de 22h30.

 

Cormet (2)

 

Là, on rentre dans un autre monde… On croise au moins une dizaine de gars qui font demi tour, sûrement pour aller abandonner à Bourg… on en voit des dizaines et des dizaines d'autres, assis ou allongés sur le bas-côté dans un coin d’ombre… s’ils n’ont pas encore rendu leur ravitaillement, ils ne vont pas tarder à le faire.. C’est un carnage… sur le coup, c’est le seul mot que je rappelle avoir prononcé…

David part devant moi, il monte plus vite…Bon voyage à toi !!!  Moi, je fais le train pour 4-5 personnes… Le rythme leur convient, on discute un peu…

 Mais passé le Fort du Truc, je me sens moins bien… Pas de nausées mais presque… en tout cas, rien ne passe : ni du solide, ni la boisson énergétique et même pas l’eau… euh, comment dire, à même pas la moitié de la course, ça sent pas bon… que se passe-t-il ? pas assez mangé ? pas assez bu ? Coup du chaud ? bref, c’est tempête sous une casquette…

Point positif, je n’ai pas envi de vomir… je suis "juste" oppressé… Je continue malgré cela à grimper jusqu’au Fort de la Platte que j’atteins à 18h50 après 2h25 d’ascension… Et là, surprise… les propriétaires-fermiers du fort vendent des boissons… Heureusement, j’ai un peu de liquide et j’achète un coca et un Perrier… et surtout, je prend une décision : je dois me refaire cerise, sinon c’est abandon assuré… je prend dons le temps de boire mon coca et de me forcer à manger une barre de nougat et une compote…

Je repars 20-25 ‘ plus tard… j’ai toujours cette légère nausée mais j’ai bu et j’ai mangé… sans rien vomir… La chaleur commence à descendre avec le soleil qui se cache derrière les montagne, ça va peut-être me faire du bien aussi..

 

On se couvre car la nuit arrive. On se positionne sur le chemin afin de voir Steph arriver.Il est l'heure (21h05) pour moi de prendre le car qui m’amène au Col du Joly. Et là, le début de la GALÈRE. Pas de car, personne pour nous renseigner. Il fait nuit, je m’éclaire grâce à la frontal que j'avais prévu et bien sûr pas de réseau, donc pas moyen de prévenir mes beaux parents que je suis toujours là. 22h toujours pas de bus alors que 3 pour descendre à Chamonix. Je commence à stresser un peu, le col du Joly, (c'est là qu'il a abandonné l'an dernier il faut que j'y sois) comment faire. Un car arrive, on l’arrête (eh oui, on est 10 à attendre) et il nous dit qu'il a 30 minutes de coupure à faire, on lui dit pas de soucis, et là il nous dit non non je rentre et il part

 Cormet (1)

Cette seconde partie de l’ascension est moins dure et j’arrive assez vite au Col de la Forclaz… petite pause de 5’ pour boire mon Perrier, préparer ma frontale et ça repart…

Nous sommes au milieu de nulle part, les montagnes et les lacs d’altitude nous regardent, veillent sur nous… le temps est comme suspendu, c’est magique… en fait, c’est pour çà que je suis venu je crois…

Cormet (3)

 

J’arrive assez vite (enfin tout est relatif…) au Passeur de Pralognan… il est presque 21h et le soleil fini de se coucher… je crois que j’ai versé une larme devant la beauté du paysage… Je me pose une petite dizaine de minutes avant de mettre la frontale et d’attaquer la descente…si je vous dis que les premiers 200-300m sont sécurisés par des guides de haute montagne, ça vous donne une idée de la technicité de la descente… Ca se calme ensuite pour finir par 2-3 km de plat pour atteindre le Cormet de Roselend, 600m plus bas..

 

J’aperçois Papa et Maman… je vais trouver une place … Sandrine est encore là, c’est la galère avec les bus…Delphine, rencontrée à Bourg est là aussi juste à côté… J’explique que je n’arrive pas à manger ni à bien boire… et que j’ai pris la décision de prendre le temps qu’il faut pour repartir bien… le risque ? voir la barrière horaire de rapprocher dangereusement… mais c’est ma seule chance d’aller au bout… au pire, je serai éliminé… mais je n’aurai pas abandonné...

 

Du coup, Je vais voir si la voiture est toujours là, ils sont toujours là. En revenant, je les aperçois, steph est arrivé au ravito. Ils sont surpris de me voir. Je vais voir steph et Louisette va se renseigner pour le bus. Steph est pas bien, il a du mal à manger, à boire. Cela s'annonce mal, et pas de car, mais on est venu pour finir alors on rebouste Monsieur, on discute tout le reste va bien. Allez on motive les troupes car il n'est pas le seul à se poser des questions.

Je suis en colère contre ce qu’il m’arrive mais je ne flanche pas, alors qu’au même endroit l’année dernière, la tête commençait à lâcher… Et comme tout le monde m’encourage, ça fait du bien !!!

Je prends une soupe aux vermicelles… puis une deuxième… ça passe… et ça reste à l’intérieur… 1ère victoire !!

 

Et là, on annonce un car pour le col du Joly, je ne laisse pas vraiment le choix à steph, je pars prendre le bus donc il est obligé de continuer. Le car part à 23h30, je me dis chouette je vais pourvoir me reposer et bien NON. A peine parti que j'ai envie de vomir. Je n'ai jamais été aussi contente d'arriver (un grand malade ce chauffeur...)


Puis je me change, met un coup de chargeur à ma montre et à mon tél, et mange encore quelques trucs, des tucs même… rien de veut ressortir, c’est bon signe… Allez, un petit café et c’est reparti… j’aurai passé je pense 50’ au ravito… quand je remets la machine en route, la barrière est 45’ derrière… Ca pue, mais ça va mieux… Advienne que pourra maintenant… de toute façon, entre temps, Sandrine est parti au Col du Joly… une façon de me dire qu’il faut que j’y aille aussi :)

Quand je repars, ça va mieux… c’est pas le top, mais ça va mieux.. du coup, je gamberge un peu moins… l’allure est correcte et surtout, comparé à l’année dernière, je ne me fais déposer par tout le monde… Il est minuit, on vient de passer la moitié, on est un peu touché quand même donc on se raccroche à chaque détail, même insignifiant, qui nous semble être positif…

Cette impression de mieux est confirmée dès le Col de la Sauce passé… mon ventre me gêne beaucoup moins, et même si j’ai du mal à manger, je rebois régulièrement… pour la bouffe, on verra à La Gitte …

En plus, sur recommandation de Sandrine auprès des copains, je commence à recevoir un tas de SMS… Ca fait du bien de lire tous ces encouragements :)

La descente vers La Gitte m’avait laissé un mauvais souvenir l’année dernière… il faut dire que mes pieds me faisaient souffrir alors que cette année, tous les voyants sont au vert de ce côté-là… Ô certes, je me fais déposer régulièrement car je revendique le titrede plus mauvais descendeur (n’en déplaise à Laure:) ) mais je trouve mon allure correcte.

 

Jeudi 25 août :
Quand on sort du car, on est accueilli par la musique à fond. On nous autorise à nous installer dans un coin, le coin des abandons. Je m'installe sur ma chaise avec ma couverture, on discute un peu, on essaie de dormir (car musique et annonce systématique des coureurs pas facile), on a de la chance il ne fait pas froid. On encourage les coureurs et on attend nos maris. Mes copines de nuit voient leur mari arriver plus ou moins bien, 2 repartiront, 1 abandonnera

 

A un moment, je me retrouve tout seul… pas une frontale devant, rien derrière… juste moi, les montagnes, le torrent et les étoiles… le kiffe, j’vous l’dis !!!

J’arrive à La Gitte vers 1h30, soit au bout de 2h… Ca va mieux mais ça va pas bien vite quand même... Je me pose pour manger un morceaux : ça a du mal à passer quand je suis en mouvement mais statique, ça va… Un gars à côté de moi est au bout du rouleau et est réconforté par sa belle… pour moi, ça sera dans 10km !!!

Je ne reste pas très longtemps pour ne pas voir la barrière se rapprocher… j’ai dû regagner 10-15’ sur ce petit tronçon de 8km 

Ca repart par une sévère pente sur 3-4 km puis cela s’adoucit pour arriver au Col Est de la Gitte… Puis arrive ce qui a été mon cimetière l’année dernière… une grande pierrerie, une mer de cailloux et rocher qu’il nous faut descendre (et un peu remonter) pour arrivé au Col du Joly… Comment cela va-t-il se passer aujourd’hui ?… et bien, pas trop mal… je garde un rythme que je qualifierai de certain… en tout cas qui me convient et qui  me fait avoir des pensées positives…

Dans le même temps, je reçois des SMS de mes fidèles supportrices (merci les montres connectées).. il est 03/04h du mat et ça fait un bien fou !!!!

Sandrine m’envoi un texto pour me dire qu’il faut que je sois là avant 06h30 because barrière horaire et…dernier bus pour elle… Je lui réponds que je suis là dans 10’... il est 04h45… on est dans les temps…

 

Je me retrouve seule à attendre, j'envoie un message à steph car dernier 4x4 vers 6h30 et le livetrail m'annonce arrivé 6h54. Il me répond 10min encore.

 

J’atteins le Col du Joly à 05h05.. J’aperçois Sandrine emmitouflée dans son blouson et son plaid… je n’ai pas de droit d’être assisté mais sa seule présence est réconfortante…

Je suis bien, j’ai repris pratiquement 1h sur la barrière donc je vais pouvoir "gérer" la longue descente vers les Contamines !!!

Je prends le temps de bien m’alimenter (soupe, tuc fromage) et de refaire les pleins  et je repars au bout de 20’… le jour ne va tarder… Rendez-vous aux Contamines !!

 

Finalement, il arrive à 5h06. Il est en forme, l'estomac va mieux, la fatigue arrive, mais c'est ok. Petite marge sur la barrière horaire, on se donne rendez vous 7h30 aux Contamines.


Bon, je ne vous cache pas que j’ai un peu mal aux jambes et que dans les descentes, ça commence à piquer un peu… la première partie est assez roulante donc ça va mais rapidement on rentre dans la forêt et la pente se fait plus forte, les racines plus présentes… les douleurs aussi…

 

Là, j'ai de la chance car j'ai tout de suite un 4x4 puisque nous sommes assez nombreux pour descendre (il faut minimum 4pers sur 6), on est 2 assistances et 3 abandons. La monté en car a été mémorable, la descente en 4x4 fut rock’n’roll (musique à fond et on descend par un chemin très cabossé en pleine montagne).
Arrivée entière aux Contamines, on remercie le chauffeur et on rentre en courant au chalet, pause pipi obligatoire et on récupère grand parents et enfants pour attendre steph à l'assistance des Contamines.

 Contamines

   

 Heureusement, la fin de la descente est plus calme… et je reconnais un endroit où nous nous sommes baladés en famille en début de semaine…

Arrivé à hauteur de la magnifique Chapelle de Notre Dame de la Gorge, je me remets à courir jusqu’aux ravitaillement des Contamines, 3-4 km plus loin…

Là, tout le monde m’attends (nous y logeons)… mes parents, mes beaux-parents, les enfants… le chien… Sandrine, elle, m’attend déjà sous la tente… il est 07h40

 

Ravito_Contamines

 

Elle me masse les jambes comme nous l’avions convenu plus tôt… je me change et me dirige vers la soupe et les tucs quand me chef de poste nous annonce « barrière horaire dans 40’ »… bon bah, va pas falloir traîner… au final, je serai resté 20’… Il me reste 5h30 et le Col du Tricot à franchir pour atteindre la barrière des Houches et ensuite filer vers la terre promise…

 

Comme prévu Steph arrive à 7h37. Le coca est prêt, on masse les cuisses, les mollets, on se change, on mange un peu et on stresse car on nous annonce toutes les 5 minutes le temps qu'il reste avant la barrière horaire de 8h30. Mais steph est bien, confiant. Je m'autorise à y croire même s'il reste un col et une descente.

 

Mais bien que la barrière ne soit pas loin derrkière, je suis assez serein en fait… et ce depuis le Col du Joly… je me dis, ou je tente de m’en persuader, que si pas de gros coup de mou, ça va passer

Me voilà donc parti à l’assaut du Tricot… sur un bon rythme au début de la partie qui mène aux Chalets du Truc, puis, devant la pente qui se cabre, je réduit l’allure… Après une petite descente, nous voici devant le mur final du Col du Tricot… une vraie vacherie ce machin… et ça monte, et ça monte et dans les cailloux, toujours les cailloux… J’arrive là-haut, à 2100m, à 10h30 environ.. . il reste 8-9 km avant les Houches, et 3 pour y être…. Les bénévoles là-haut nous disent que ça va le faire… Yes, un coca pour fêter ça !!

 

On rentre au chalet, on a du temps, donc petit dej, douche, et on réfléchit a t'on le temps d'aller aux Houches puis à Chamonix? faudrait pas louper l’arrivée. On décide d'aller aux Houches. A 10h24, le Livetrail annonce arrivée aux Houches 11h57. On part en famille

 

En même temps, ça tombe bien car les quadriceps commence à crier famine… Ca devient de plus en plus dur de courir en descente, même de marcher vite… et en plus, je crois que je commence à saturer des cailloux sur lesquels tu dois poser tes pieds en permanence… donc, inconsciemment, je crois que je lève le pied et commence (un peu) à savourer… bon, j’en connais qui s’inquiètent aux Houches quand le livetrail leur annonce que j’arriverai hors délai… mais moi, je suis serein…

 

Et là, le temps va être long et stressant

Houches

 

Au passage à Bellevue, il ne reste plus qu’une descente pour atteindre le ravito… les dernier km ne sont pas les plus glamour sur une route en lacet… d’autant que je peux définitivement plus courir en descente… à 500m du ravito, j’aperçois Grégoire et Michel qui sont venus à ma rencontre… un peu plus loin, il y a Daphné…  Je passe la barrière à 12h55 avec ½ heure d’avance sur la barrière... sachant que je n’ai pratiquement pas couru depuis les Contamines… j’ai quand même bien fait de me speeder un peu aux Contamines…  C’est presque fini, les bénévoles du poste nous félicitent déjà... je suis bien… Je prends 10’pour manger et discuter un peu avec la famille puis de prend la direction de Chamonix…

 

car il arrive à 12h55 pour une barriere horaire à 13h30. Je suis limite de pleurer quand il arrive tellement j'ai stressé. Merci les copains d'avoir répondu présent quand je vous ai demandé de l'encourager.

 Arrivée (2)

 

Il reste 8 km, 8 km où je peux savourer, me remémorer les bons et les moins bons moments de cette aventure… je retrouve même des forces pour courir à nouveau… je préviens Sandrine de mon heure d’arrivée approximative… dernier coup de stress : ils ne sont pas encore garés !!!

On repart tous confiant, il va finir. On mange puis direction Chamonix, le livetrail annonce 15h13. Et là, nouveau stress, message de steph à 14h09, j'arrive dans 10 minutes sauf que l'on n'est pas encore garé, car se garer à Cham, c'est compliqué

 

Puis, j’arrive en ville… et je pénètre sur l’avenue Ravanel le Rouge… Les passants nous applaudissent, nous félicitent, les enfants tendent leur main pour un check, même les gens assis en terrasse prennent le temps de poser leur bière pour t’applaudir… Il faut le vivre… je vous le jure… j’ai les larmes qui montent, non, qui coulent…

Juste avant le dernier virage, j’emmène les enfants avec moi pour franchir la ligne… 100m, je baisse la tête pour ne pas montrer que je pleure mais personne n’est dupe…

Arrivée (3)

 

 Arrivée (5)

Finalement, tout le monde sera en place à temps pour le voir arriver à 14h34. L'arrivée est très émouvante, une petite larme ou plusieurs.

 

Ca y est, c’est fait… je suis finisher en 32h34’ !!!

Arrivée (1)

 

Que dire…Ce n’était pas une course, ni une randonnée… c’était plutôt une aventure… humaine de part les sympathiques rencontres que j’ai pu y faire avec David et Delphine… une aventure intérieure aussi (Dom, si tu me lis…)  à la découverte de moi-même… une aventure partagée aussi avec ma chérie, aux petits soins sur les points d’assistances et qui n’a cessé de m’encourager… partagée aussi avec papa, maman, Michel, Hélène et les enfants…et avec vous qui m’avez encouragé pendant toute la course…

 

Ce fut une belle expérience, fatigante, stressante, émouvante avec une ambiance sympathique, et de belles rencontres.
Un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenu, encouragé pendant ces 32h34. Mon chéri, je suis très fière de toi.

 

Bref, un bien joli moment…

Bref, un bien joli moment

 

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 Arrivée (4)